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Mémoire

Itinéraires du meurtre à l’écran

Mémoie de Hugo Boris (Lanchon) - Directrice de mémoire : Rose-Marie Godier

jeudi 9 juin 2011

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« Je crois que dans le cinéma, depuis qu’on fait des films, on a tué probablement plus de gens qu’on en a tués dans toutes les guerres de ce siècle », a déclaré Constantin Costa-Gavras. Le XXème siècle étant le siècle le plus meurtrier de l’Histoire, il y a probablement une propension à l’exagération dans les propos du réalisateur de Compartiment tueurs. Mais celle-ci invite à s’interroger : le meurtre est-il trop présent sur nos écrans ?

La définition du « meurtre » donnée par Le Petit Robert est celle-ci : « Action de tuer volontairement un être humain » . Est tout autant volontaire le désir de sa représentation sur l’écran. Alors que la mort pour cause de meurtre n’est pas la règle, Dieu merci, dans la vie de tous les jours, elle est pratique courante sur nos écrans. Les films projetés en France il y a trente ans montraient 78 meurtres pour 100 films . Les jeunes américains aujourd’hui auront assisté à 8 000 meurtres sur les écrans avant d’avoir achevé leurs études primaires . Il y a donc là un paradoxe sur lequel il convient de se pencher.

Comment se fait-il que, du réel à la fiction, un phénomène soit inversement proportionnel ? À quel miroir déformant de la réalité a-t-on affaire ici ? Quelles sont les raisons qui président à cette surreprésentation du meurtre dans le cinéma de fiction ? Et surtout, quels en sont les effets sur le spectateur ?