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Mémoire

Photographie infrarouge numérique. Application à la restitution des peintures pariéales du Paléolithique supérieur

Mémoire de Nathalie Gambier - Directeurs : Rolan Ménégon et Daniel Vigears

lundi 16 mai 2011

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La photographie infrarouge est depuis longtemps utilisée dans les disciplines archéologiques notamment pour faire apparaître des détails invisibles sous éclairage classique. Dans ses conditions, il apparaît nécessaire de mettre en place des protocoles spécifiques applicables à la photographie archéologique aussi bien dans le domaine de la prise de vues que dans celui du traitement postérieur des images.

Plus particulièrement, il nous a semblé pertinent de travailler sur la problématique de la photographie infrarouge numérique dans le cadre du relevé des peintures pariétales du Paléolithique supérieur en Europe occidentale. En effet, l’étude des oeuvres d’art pariétal nécessite régulièrement l’usage de la photographie infrarouge, et par-là même se présente comme un terrain d’expérimentations prometteur.

Nous aborderons dans une première partie l’aspect archéologique et artistique de notre étude. Après une introduction exposant le contexte général tant sur le plan humain, que géographique et paléo-environnemental du Paléolithique supérieur en Europe occidentale, nous évoquerons les techniques picturales appliquées par les hommes préhistoriques et mises en évidence par des méthodes d’analyse modernes et performantes. Nous analyserons l’aspect esthétique et thématique de cet art plus que millénaire puis nous évoquerons les diverses théories relatives à l’interprétation des peintures pariétales. Nous achèverons cette partie par un exposé sur les méthodes contemporaines de relevé des oeuvres d’art préhistoriques pratiquées par les spécialistes de cette discipline.

D’aucuns jugeront cette première partie longue voire indigeste au regard de la partie purement expérimentale, mais nous avons considéré comme absolument fondamental d’exposer les problématiques archéologiques dans lesquelles s’insère celle, plus spécifique, de l’art du Paléolithique supérieur. Ce travail d’approche est d’autant plus indispensable que les découvertes récentes des grottes Chauvet et Cussac ont entraînées des remises en question fondamentales quant à l’interprétation des oeuvres pariétales. Depuis une dizaine d’années, les spécialistes de l’art pariétal ont développé des concepts et défini des axes de recherche bouleversant les théories admises jusqu’alors par tous.

Actuellement, le problème posé par la disparition à terme des films argentiques sensibles aux rayonnements infrarouges pose avec acuité la question de l’emploi de la technologie numérique en photographie infrarouge. Un besoin conjoint de protocoles définis tout au long de la chaîne graphique se fait sentir dans les disciplines archéologiques. Nous nous proposons donc de consacrer les deux parties suivantes à l’étude expérimentale en photographie infrarouge numérique du rendu de trois palettes constituées par des patchs colorés de concentrations différentes.

Nous tenterons de qualifier l’apport et de mesurer les limites de la photographie infrarouge numérique dans le contexte de la photographie archéologique. Nous verrons quels sont les paramètres de prises de vue et de traitement qui peuvent être optimisés, et dans quelles conditions, dans le cadre de la photographie archéologique. Nous procéderons à une simulation comportant un certain nombre de paramètres fixes comme le système photographique et des variables dont nous étudierons l’influence sur le rendu des palettes crées. Cette étude systématique reposera sur trois variables en particulier : les sources d’éclairage et les filtres de prises de vues coupant le spectre visible pour l’aspect photographique, et deux pigments utilisés par les hommes préhistoriques pour peindre, la goethite et l’hématite.

En résumé, les objectifs idéaux à atteindre sont de deux ordres : mise en place de protocoles de prise de vues généralisables à tous les sites en grotte et détermination de traitements numériques appropriés et spécifiques à appliquer aux images.

P.-S.

Téléchargement de la seconde partie : http://www.ens-louis-lumiere.fr/fil...