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Mémoire

L’inspiration littéraire en photographie : l’exemple de la photographie victorienne

Mémoire de Chloé Bazaud - Directeurs de mémoire : Françoise Denoyelle et Michel Poivert

jeudi 26 mai 2011

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Partie I : L’ère victorienne est une époque de changements. Avec la révolution industrielle, la société moderne voit l’apparition de nouveaux problèmes, les classes défavorisées ayant du mal à s’adapter à la vie urbaine. Certains artistes refusent cette société nouvelle et se réfugient dans un passé imaginaire à travers la mode du revival. C’est le cas des peintres de la confrérie préraphaélite.

Cette pratique s’étend aux autres arts tels la littérature et la photographie. Au début, les contemporains ne considèrent pas la photographie comme une pratique artistique mais comme un mode photomécanique de reproduction du réel. Ainsi certains photographes vont délibérément traiter des thèmes jusqu’ici réservés au Grand Art.

Partie II : De manière à s’émanciper de l’emprise du réel sur la photographie, les photographes vont avoir recours à différents types de procédures qui ont chacune des conséquences sur le rendu esthétique de l’image. Dans certains cas, l’inspiration littéraire reste discrète, et le thème choisi est difficilement identifiable à moins d’un titre explicite.

D’autre part, la mise en scène donne souvent un aspect théâtral aux images. Le principe est emprunté à un divertissement mondain, les tableaux vivants. Pour compenser les lacunes de la technique photographique de l’époque, les photographes doivent faire preuve d’ingéniosité. Cette volonté d’inspiration littéraire est l’occasion pour certains photographes de participer aux débuts du trucage. Celui-ci se manifeste sous différentes formes telles le collage, la surimpression, la technique des épreuves combinées et celle des épreuves composites.

Oscar Gustav Rejlander, puis Henry Peach Robinson, sont les deux photographes qui illustrent le plus brillamment la technique des épreuves combinées qui consiste en la réalisation d’un tirage à partir de plusieurs négatifs. Julia Margaret Cameron a recours à une variante simplifiée de cette technique, les épreuves composites.

Partie III : La photographie, en entretenant des liens très étroits avec la peinture et la littérature, parvient à s’insérer dans le milieu artistique. La photographie peut être considérée comme une sorte de preuve de l’existence des éléments imaginaires qu’elle parvient désormais à représenter.

Les conséquences sur la perception du rôle de la photographie se font également sentir. La photographie peut, elle aussi, être un « art du mensonge », et les photographes y contribuent avec chacun sa propre démarche.

Les traités de Henry Peach Robinson marquent le début de l’élaboration d’un cadre théorique pour la pratique artistique de la photographie. Ces idées seront reprises par les pictorialistes quelques années plus tard pour défendre la même cause, celle de la photographie artistique.

P.-S.

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