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Mémoire

Procédures documentaires - Créer du sens dès la capture où lors de la restitution des images ?

Mémoire de William Gaye (Photo 2008) - Directeurs de mémoire : Christian Caujolle - Mat Jacob (Tendance floue)

samedi 23 avril 2011

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Ce travail présente une réflexion sur les multiples formes documentaires proposées par les photographes en réponse aux contraintes éditoriales constatées dans la presse actuelle.

Dans un contexte où il peut paraître difficile de trouver un relais chez les médias pour développer des reportages de fond, les espaces offrant une réelle place à la construction d’un propos photographique sont rares. De nombreuses solutions existent cependant pour innover et beaucoup d’autres restent à inventer. L’incroyable développement de ces vingt dernières années de la pratique photographique et l’utilisation massive d’images dans de nombreux domaines, facilitée par l’émergence de nouvelles technologies, réclame aux photographes professionnels de remettre en cause leur façon de mettre le monde en images.

Pour sortir d’un formatage dicté par les règles du commerce, ils doivent ainsi mettre en place ce que nous nommerons des « procédures documentaires » qui fassent sens. Ces procédures naissent de la confrontation à un sujet spécifique. Elles s’appliquent dès la prise de vue ou lors de la restitution des photographies. Chaque prise de position est alors décisive : prendre le temps de fabriquer un matériau pertinent ; lui adapter une façon de photographier précise ; mettre en commun les points de vue ou encore construire avec le sujet.

De même, les choix formels liés à la fabrication d’un livre, la possibilité de présenter ses images via des systèmes de diffusion alternatifs, la contextualisation d’un travail et la mise en exposition regorgent de possibilités de narration pertinentes. L’image seule ne peut se suffire à elle-même. Pour lui redonner une place qui ne la relègue pas au statut d’illustration, les photographes se doivent de s’engager de la construction à la restitution d’un projet, continuer de questionner le monde librement, et structurer leur discours afin de ne pas tomber dans un systématisme aliénant ou dans des stéréotypes imposés par des diffuseurs, trop souvent insensibles à l’image mais aussi aux hommes qui les récoltent.

La photographie a aujourd’hui une place à se réapproprier au sein de l’information, en tenant compte des ses lacunes et en les dépassant, au service du document.

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