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Mémoire

La représentation de la souffrance en photographie

Mémoire de : Quentin Caffier (Photo 2008) - Directrice de mémoire : Claire Bras

samedi 30 avril 2011

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La présente étude s’intéresse aux photographies représentant la souffrance, et surtout aux réactions qu’elles produisent chez les spectateurs. Pour comprendre la relation qui lie le triptyque sujet photographié/photographe/sujet spectateur, nous avons synthétisé des données psychologiques, anthropologiques, phénoménologiques, photographies et artistiques.

En parallèle, nous avons réalisé des photographies mettant en scène la souffrance résultant d’actes de modifications corporelles et étudié la réaction d’un panel de spectateur face à ces images. La douleur est l’expérience la plus universelle qui soit, toutefois son interprétation est liée à un contexte socioculturel complexe. Il y a un enjeu moral dans l’acceptation de la douleur, en fonction de son acuité, mais aussi de l’acte qui en est à l’origine.

Ainsi, la culture occidentale valorise l’épreuve et le châtiment, mais condamne ce qu’elle considère comme étant gratuit. La photographie représentant la douleur sera donc jugé selon ce même prisme : la photographie d’une « bonne » douleur est bien plus supportable que celle d’une « mauvaise » douleur. D’un point de vue théorique, la photographie peut être rapprochée du corps et « l’évènement photographique » d’une blessure. Cette analogie permet de mieux comprendre comment le corps du spectateur peut être atteint par une image photographique : cette dernière possède le sulfureux pouvoir de propager la douleur du sujet photographié au sujet spectateur.

Toutefois, c’est moins la sensation objectivement mesurable ressentie par l’objet qui est véhiculé qu’un stimulus brut, que le spectateur va réinterpréter en fonction de son expérience personnelle. Cette propagation est avant tout visuelle (mimétique de l’expression) mais peut provoquer une véritable atteinte physique.

Dès lors, c’est au photographe d’utiliser le médium photographique et ses spécificités techniques afin de transmettre au spectateur son propre point de vue. La réaction du spectateur peut aller du choc à la fascination morbide, en passant par la colère, la révolte ou l’empathie, mais elle est toujours très forte. Cela s’explique par le face à face que l’image (en tant qu’icône, indice et symbole) provoque entre le spectateur et sa propre fragilité.

Téléchargement du mémoire (Partie B)