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Mémoire

La représentation de l’adolescence en photographie

Mémoire de : Solène Person (Photo 2008) - Directrice de mémoire : Claire Bras

samedi 30 avril 2011

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J’ai choisi d’étudier la représentation photographique de l’adolescence en constatant l’intérêt croissant de la photographie contemporaine pour cette période cruciale de la construction de l’identité personnelle.

Au début des années 1990, Rineke Dijkstra a connu un succès international pour ses portraits de jeunes en maillot de bain sur la plage et leur diffusion massive a donné une impulsion décisive à ce mouvement photographique. A sa suite, Hellen van Meene, Alessandra Sanguinetti, Marion Poussier, Lise Sarfati, Lauren Greenfield mais aussi Ryan McGinley, Charles Fréger, pour n’en citer que quelques uns, ont livré leur vision de cette classe d’âge.

Cette étude dresse un état des lieux de ces travaux photographiques à partir d’un classement précis en fonction de l’intérêt pour le phénomène de l’adolescence, pour la singularité de l’adolescent, ou pour son altérité. Une réflexion transversale permet de mettre en exergue leurs approches communes dans l’intention ou dans la forme. L’adolescence est appréhendée par la photographie comme une période vécue, observée ou interprétée.

Cette étude s’attache à analyser les travaux photographiques d’adolescents livrant leurs propres expériences, de proches les suivant au quotidien ou encore d’artistes exprimant un point de vue personnel sur cet âge. La présence du photographe est marquée, soit directement, par sa proximité physique ou son implication affective, soit indirectement, par le fait qu’il se projette dans ses mises en scène.

L’adolescent en temps qu’être singulier est questionné dans son intimité ou sur son apparence. La photographie témoigne des relations qu’il entretient avec son corps dans cette période de mutation ; elle est aussi apte à rendre compte de son expressivité et de ses signes d’appartenance extérieurs. En quête d’identité, l’adolescent adopte des attitudes identifiables au travers de l’image comme l’expression du repli sur soi ou de l’extraversion. Les adolescents sont présentés dans leur rapport à l’autre ou aux autres. Les processus d’identification ou de démarcation sont analysés par le photographe dans des lieux plus ou moins clos, propices aux rassemblements.

Le cadre et le point de vue influencent les attitudes des sujets, et, dans le cas de mises en scène, l’interprétation du spectateur. Le photographe sait ce qu’il veut ou attend de voir ; dirige, reconstitue ou reste à l’affût ; affirme sa présence, cherche à se faire oublier ou s’intègre ; inscrit son travail dans une série ou ne répond à aucune contrainte… tout se joue entre l’idée qu’il se fait de l’adolescence et l’image que l’adolescent s’est forgé et veut donner de lui.