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Mémoire

La verticalité au cinéma. Penser différemment la forme du cadre

Mémoire de : Marion Boutin - Directeurs de mémoire : J.L. Fournier - Y. Agostini (AFCF)

dimanche 1er mai 2011

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Verticalité au cinéma propose de s’intéresser à un cadre particulier, directement opposé dans sa forme à tous les formats qui peuvent exister dans le cinéma classique.

Il ne s’agit pas de nier la place prépondérante de ces derniers, mais plutôt de s’attarder sur une dimension inexploitée de l’image cinématographique, la hauteur. Ma démarche consiste à étudier les conditions d’existence d’un tel format et les possibilités qu’il offre. S’il n’a jamais existé de manière officielle en tant que norme, il arrive qu’une envie de cadre vertical soit mentionnée par des cinéastes, souvent en réaction contre un format imposé, mais parfois aussi plus simplement pour pouvoir filmer des sujets étendus en hauteur dans un cadre adapté à leurs proportions.

La forme verticale, dans son acceptation générale, est considérée en contradiction permanente avec la forme horizontale et souvent associée à l’élévation morale de l’être humain. L’utilisation formelle de cette dimension dans un film entraîne une symbolique très forte. Parmi les sujets possibles pour un cadre vertical, l’être humain est sans doute le plus évident. Les courts métrages qui s’attachent à cette figure deviennent des “films-portraits”, interrogeant l’émotion d’un personnage, mais aussi ses relations sociales dans un cadre qui n’est idéal que pour une personne.

L’image verticale, considérée d’un point de vue formel, peut apparaître soit comme une restriction soit comme un élargissement du cadre classique, selon la signification que le cinéaste souhaite lui donner. Le type de composition compte alors beaucoup pour orienter la perception du spectateur dans un sens plutôt que l’autre. Travailler dans ce format permet d’ailleurs d’adopter un autre style de composition et d’utiliser les mouvements différemment.

Enfin, cadrer en vertical demande des aménagements lors de la prise de vue. Les solutions sont multiples, de l’anamorphose verticale au procédé Variorama, et forme toutes des images particulières qu’il faudra réadapter au moment de la projection, les salles de cinéma n’étant pas équipées pour projeter un tel format. Le procédé de diffusion aura d’ailleurs une incidence majeure sur la manière dont le film sera perçu par le spectateur.