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Mémoire

Essai sur la représentation photographique des espaces construits : histoire, méthode, significations.

Mémoire de : Géraldine Millo (Photo 2008) - Directeur de mémoire : Jacqueline Salmon

mercredi 20 avril 2011

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La recherche s’éloigne du domaine de la photographie d’architecture pour mettre en évidence un rapport complexe du médium photographique aux espaces construits. La visée documentaire de l’architecture se met en place dès les débuts de la photographie : la photo doit servir à garder une trace de l’apparence des bâtiments.

L’étude de ces premiers rapports entre espaces construits et photographie va révéler des relations profondes entre un moyen de représentation construit selon les lois de l’optique et travaillé par l’idée du temps, et des espaces structurés fragiles, soumis aux changements. L’attachement à la valeur patrimoniale des espaces construits et l’idée d’une diffusion de leur connaissance au travers de l’image vont mettre en place des normes permettant d’offrir la plus grande lisibilité à l’objet dans la photographie. Documenter ces espaces permettra au medium de se libérer de son enracinement dans la tradition picturale et de développer ses propres moyens de représentation.

A partir de cette approche, deux voies vont se dégager : d’une part, celle qui suit l’ambiguïté de ces images, d’où toute présence humaine est exclue, qui, isolant l’espace construit, le réduisant à n’être plus qu’une pure apparence formelle, lui confère en même temps un autre statut, ouvert aux interprétations de différentes natures (scientifiques, surréalistes, poétiques, esthétiques…). D’autre part, la voie du documentaire aura permis de faire émerger une photographie directe qui s’affranchit en même temps que de la peinture et du dessin, des règles de la frontalité, de la netteté et de la neutralité de la lumière propre au style documentaire.

A partir des années 1920, les photographes vont exploiter les potentialités du medium pour déconstruire l’espace de la perspective centrale. Ils vont ainsi révéler la dimension proprement temporelle de l’architecture : c’est un espace à arpenter. La mise en évidence de la structure de cet espace et l’enregistrement des traces qu’il porte au moyen de la photographie donnent une équivalence visuelle à la perception globale de l’espace.

Par la typologie ou la série photographique, la neutralité documentaire ou l’interprétation subjective, la réduction photographique construit des représentations révélant les sens possibles des bâtiments : d’être des matrices et échos des espaces intérieurs, des précipitations d’enjeux sociaux et politiques, des expressions d’un certain rapport de l’homme et de son environnement.