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Mémoire

Corps en marge, corps photographiés - Une histoire des corps à travers la marginalité comme sujet photographique

Mémoire de Zoé Forget - Directeur de mémoire : Philippe Bazin (ESBA Valenciennes)

dimanche 17 avril 2011

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Cette recherche a choisi de s’intéresser à l’histoire de la marginalité comme sujet photographique, en s’attachant à la figure essentielle du corps. Celle-ci nous a permis de nous interroger sur les rapports entre normes et marges, mais elle a aussi révélé une présence de plus en plus forte du propre corps du photographe dans le rapport aux images. Notre étude a tout d’abord cherché à mettre en place un ensemble de notions et de considérations d’ordre scientifique et philosophique ; celles-ci qui nous ont amené à voir que la perception de la marginalité des corps a opéré, au cours du XXe siècle, un glissement d’une définition uniquement physique à une problématique plus sociale. Les années 1960 représentent une époque charnière, où ces deux dimensions ont été bousculées, et où de nouveaux corps sont apparus, notamment à travers la photographie, mais aussi grâce à elle. L’oeuvre de Diane Arbus est en cela manifeste : son travail, centré sur la réalité des corps et leur existence, qui viennent toutes deux questionner la normalité, a définitivement ouvert la voie à de nouvelles représentations. Héritière d’Arbus, mais aussi des profonds changements de cette époque, une nouvelle génération de photographes va lier définitivement sa pratique à son propre vécu. Larry Clark, Nan Goldin et Alberto Garcia-Alix ont en commun de mêler photographie et autobiographique, donnant à voir une nouvelle réalité, trouble, peuplée de corps parfois douloureux, mais qui habitent une oeuvre forte en revendiquent eux aussi une représentation non normée. Poursuivant un rapprochement de plus en plus immédiat avec le corps de l’artiste, la troisième partie de cette étude aborde des travaux construits autour de la figure unique de l’autoportrait. Tout d’abord le lieu de jeux identitaires et de marginalisation visuelle, le corps se fait de plus en plus le support matériel à l’expression d’un malaise, que la photographie sert alors à retranscrire et manifester. Des images comme celles de David Nebreda posent la question des limites atteintes entre corps et marginalité. Le cheminement proposé nous pousse à nous interroger sur une redéfinition actuelle de ce que sont les normes et les marges du corps, et, surtout, sur la manière de les représenter ; si un processus de visibilité tend à les rendre aujourd’hui plus accessibles, leur allure de marges n’en est pas pour autant normalisée.