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La Pénélope et le format 2 Perfs défilent à l’Espace Pierre Cardin

Propos recueillis par François Reumont pour Kodak

samedi 8 novembre 2008

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Une soirée exceptionnelle, organisée par Panavision et hébergée par la CST a salué la sortie officielle de l’Aaton Pénélope. Autour de Jean-Pierre Beauviala, de nombreux témoins de la chaîne de production d’images en 35 mm 2P sont venus expliquer l’intérêt d’un tel choix, notamment sur téléfilm… Tests exhaustifs, extraits de films et dialogue avec la salle ont accompagné la présentation officielle de la nouvelle caméra grenobloise.

Source © PanavisionLe 35 2P est une variante de la prise de vues 35 mm “traditionnelle” où la pellicule n’est plus entraînée que sur deux perfos. L’image occupe alors une surface de 140 mm en 16/9ème, soit tout de même 62 % de plus que le Super 16 (86mm).
Ce procédé a été mis au point au début des années soixante-dix pour offrir aux réalisateurs une alternative économique au format scope (nécessitant des optiques anamorphiques rares et coûteuses, mais dont la surface d’image et la définition reste encore inégalée).
Baptisé alors Techniscope, on lui doit la plupart des “westerns spaghettis” et il devient vite associé à un certain “âge d’or” du cinéma Européen.
Mais la difficulté de son traitement optique et la rareté des équipements le font disparaître dans les années 1980 au profit du Super 35 (prise de vues sphérique sur 4 ou 3 perfos, avec une surface d’image de 235 mm).
C’est la chaîne de post-production cinéma numérique qui le repositionne désormais en concurrent direct de la HD et lui fait porter d’une certaine manière beaucoup d’espoirs pour les défenseurs de la prise de vues argentique.

Bruno Privat, chef opérateur, nous avait confié : « Quel opérateur ne rêverait pas de passer du super 16 au 35 en téléfilm ? » Depuis la deuxième saison de la série Maupassant, et actuellement sur la nouvelle série 19ème siècle, toujours produite par JMP, c’est donc un rêve qui est devenu réalité pour Bruno Privat. « Bien entendu, explique t-il, la différence en structure d’image est importante. La profondeur de champ est beaucoup plus faible qu’en super 16 et on se rapproche vraiment sur les images d’un vrai rendu film 35 mm. » Comparé à une prise de vues HD ? Pour Bruno Privat, le gain en qualité est évident avec le 35 mm 2P : « D’abord il y a la qualité des optiques, et le choix, bien plus vaste qu’en HD. Sur la série Maupassant, nous avons par exemple utilisé régulièrement le zoom Angénieux 24/290 mm Optimo dont il n’y a pas d’équivalent. Ensuite, la marge de manoeuvre au Télécinéma, puis à l’étalonnage final (sur Baselight) est considérablement étendue, surtout en comparaison à ce que l’on peut faire à partir d’un Master HDCam directement issu d’une caméra de téléfilm, comme les caméras HD à capteurs 2/3 de pouce. »
Restent aussi l’ergonomie et l’utilisation sur le plateau… Bruno Privat : « Le 2P, c’est du 35 mm… A part la taille d’image sur le dépoli qui est légèrement plus petite, on a le même confort. Et puis il y a le gain en autonomie. Nous tournons actuellement sur une Arricam modifiée 2P, soit presque 20 minutes avec un magasin 300 m, c’est vraiment confortable. »

Et la Pénélope ? Bruno Privat : « Je n’ai pas encore pu l’essayer, confesse le chef opérateur, mais je pense que son arrivée permettra d’avoir une caméra plus légère à l’épaule, très bien conçue avec une foule de petits détails pratiques et utiles… Notamment la possibilité de capturer directement des photogrammes numériques sur clé USB, de les retravailler sur Photoshop et de fournir chaque soir quelques images de référence à l’étalonneur au labo. » Bruno Privat évoque aussi le magasin numérique annoncé par Aaton, qui devrait transformer la Pénélope en caméra hybride : « Une possibilité intéressante qui permettrait dans le futur de tirer le meilleur parti de l’argentique ou du numérique sur un même film, selon les situations de prise de vues… »

P.-S.

La camera Aaton Pénélope

 
Article initialement paru dans la Lettre de la CST numéro 120 en octobre 2008.