Accueil du site > Technique > Mémoires > Mémoires 2014 > Son 2014 > Restauration sonore

Restauration sonore

Mémoire de Camille Cygan - Directeur interne : Jean Rouchouse ; Directeur externe : Jean-Marc Fontaine

vendredi 30 octobre 2015

Partager l'article avec  
En précisant l’aspect méthodologique de la restauration sonore, j’ai cherché à montrer que le restaurateur d’un document sonore est le médiateur essentiel dans la chaîne de restauration en ce sens qu’il doit faire face à des choix techniques guidés à chaque étape, par des choix esthétiques selon une déontologie propre à l’exercice. Une première partie définira la restauration sonore par rapport aux concepts de l’historien d’art Cesare Brandi. Différentes étapes constituent le travail de restauration du son qui le différencie de celui de la restauration (des arts plastiques par exemple), notamment par l’étape essentielle de transfert du contenu sonore qui conditionne en grande partie la suite des interventions. La consultation de plusieurs entretiens de restaurateurs mettra en lumière l’absence de tout code déontologique associé à cette profession, assimilable à une pratique artisanale où le savoir faire est guidé essentiellement par l’oreille (appréciation subjective) et par l’expérience acquise au contact des appareils de lecture (supports analogiques). Ces derniers venant à disparaître, il sera de plus en plus difficile pour les générations actuelles d’ingénieurs du son d’acquérir les compétences nécessaires à cette pratique. Suite à cette constatation, une méthode de travail sera proposée et éclairera les principes de base permettant le respect de l’intégrité du document sonore à transmettre. Cette méthode, dont la conservation des supports en est l’étape primitive, considère la restauration comme un enchaînement dont chaque geste effectué peut influencer les étapes les une par rapport aux autres. La deuxième partie mettra en avant l’importance de la combinaison des activités de conservation du support et de recherches archivistiques autour du document sonore dans le processus de restauration. Un support bien conservé associé à un contexte de production élucidé donne au restaurateur de bonnes conditions pour entreprendre sa sauvegarde. L’étude du patrimoine sonore montrera que les moyens mis en œuvre dans les institutions investies d’une mission de conservation et de transmission ne correspondent pas à la hauteur des enjeux posés par la sauvegarde d’un patrimoine commun. La méthode établie en première partie me sert de guide pour mon travail pratique qui fait l’objet de la restauration d’un extrait de l’enregistrement du trio de cuivres « Trio Millière », datant de 1985. Ce travail s’appuie sur l’aide des acteurs de cet enregistrement (musiciens et preneurs de son), ainsi que sur les moyens techniques du Centre National de l’Audiovisuel, et a donné lieu à différents résultats : l’acquisition des supports, l’expérimentation des étapes de restauration, la caractérisation des outils de restauration. Confrontée directement à la perte de matériel nécessaire à la numérisation, j’ai pris conscience de la vulnérabilité de cette discipline dans le contexte actuel.