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« Tsiganes » et photographie : évolution des représentations d’un peuple mythifié au XXème en France

Mémoire d’Antoine Le Roux - Directeur de mémoire : Christian Caujolle

jeudi 10 décembre 2015

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À la fin du XIXème siècle, l’État français durcit considérablement le ton à l’égard des populations tsiganes circulant sur son territoire et organise un recensement en 1895 afin d’établir le nombre exact d’individus dont les déplacements sont perçus comme une menace contre l’intégrité territoriale du pays. En 1912, la loi sur la circulation des « nomades » est votée et impose le port d’un carnet anthropométrique à faire viser à chaque déplacement.

Dans un contexte social et politique défavorable aux Tsiganes, l’image photographique et ses usages se présentent au cours du premier quart du XXème siècle comme le relai d’un discours d’État discriminant et contribue surtout à l’élaboration ainsi qu’à la diffusion à grande échelle d’une iconographie où la figure du Tsigane menaçant et criminel fait autorité.

Cette étude se propose également d’interroger l’évolution de ces représentations en photographie tout au long du XXème siècle afin de mettre en évidence le moment où la nature des registres visuels change. Dans les années d’après-guerre, l’écrivain rom Matéo Maximoff s’introduit dans les réseaux intellectuels influents et s’impose dès lors comme un point de contact incontournable, auprès de qui de nombreux photographes et historiens cherchent leur légitimité.

En dernier lieu, le travail de Mathieu Pernot nous permet d’aborder la façon dont la représentation des Tsiganes peut s’élaborer dans un questionnement perpétuel des approches formelles et une réappropriation des archétypes.