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Histoire de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière

samedi 14 avril 2007

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ABREGE DE L’HISTOIRE DE L’ECOLE TECHNIQUE
DE PHOTOGRAPHIE ET DE CINEMATOGRAPHIE dite "VAUGIRARD"
1924

Le manque de techniciens de valeur des professions de l’industrie de la photographie se fait sentir.
Un groupe d’industriels de la photographie et du cinéma, sous l’initiative de Paul MONTEL, forme le projet de créer, en France, cet enseignement. Une société est alors fondée dont le Conseil d’Administration comprend les personnalités suivantes : Louis LUMIERE, Membre de l’Institut, qui préside toutes les réunions ; Léon GAUMONT, vice-président, met au service de l’Ecole son extraordinaire dynamisme, mécène de l’Ecole avec M. DEBRIE ; M. TRARIEUX ne cessera d’apporter toute son activité et son expérience au service de l’Ecole  ; Emile BOESFLUG succédera à Louis LUMIERE comme Président ; Charles DELAC, Président du Syndicat de la Cinématographie, MM. BENOIT, LEVY, MAURICE, de POIX, RISSON, FELIX, Président de la 4ème Commission de l’Hôtel de Ville, M. RAGEY, représentant la Direction de l’Enseignement Technique, apportent leurs précieux concours.
L.P. CLERC, au cours de voyages d’études avec M. LOBEL et P. MONTEL, établi le rapport qui sert de base à l’établissement du programme d’enseignement des sections Photographie et Cinématographie.



1926

Grâce à la collaboration et à l’aide de l’Enseignement Technique et de la Ville de Paris, l’Ecole ouvre ses portes en 1926, dans le local mis à sa disposition par la Ville de Paris, 85, rue de Vaugirard. De nombreux travaux y furent effectués pour l’adapter à sa nouvelle destination. Jusqu’en 1931, l’enseignement du cinéma muet est fort simple : technique photographique, optique, description et maniement des appareils de prise de vues à l’extérieur et en studio, enseignement de la projection. L’apparition du cinéma sonore transforme l’enseignement de la section cinéma pour répondre à des besoins nouveaux.
Sous le patronage de la Chambre Syndicale de la Cinématographie Française, l’E.T.P.C. prend l’initiative, en 1931, de créer des cours du soir pour former des opérateurs de projection sonore.



1933

C’est à l’Ecole qu’ont lieu les conférences d’informations techniques organisées par M. DEBRIE et A.P. RICHARD en 1933, avec la collaboration d’ingénieurs, de metteurs en scène et techniciens du cinéma.



1937

En 1937, l’Ecole est intégrée dans l’Enseignement Technique, et devient Ecole des Métiers.


Louis Lumière en visite auprès de ses étudiants / Collection Armand Duminy

1938

En 1938, à la suite des pourparlers entre M. LUC, Directeur de l’Enseignement Technique, et les représentants de la Chambre Syndicale de la Cinématographie, des directeurs de salles de cinéma, et du Syndicat des opérateurs projectionnistes, un programme d’études théoriques et pratiques d’opérateurs de projection sonore est établi.



1939

En janvier 1939, l’Enseignement Technique crée le Brevet Professionnel d’opérateur projectionniste de films sonores.



1940

Les épreuves de la Seconde Guerre Mondiale apportent de profonds bouleversements. En 1940, l’Ecole se trouvant dans la zone occupée, un Institut d’Application pratique de l’Ecole Technique du Cinéma, le Centre Artistique et Technique des Jeunes du Cinéma - le C.A.T.J.C.- est créé à Nice. A l’image de la France, l’Ecole se trouve donc divisée et beaucoup d’étudiants doivent prendre le maquis pour échapper au S.T.O.



1942

Une convention avec Marcel LHERBIER définit les activités des deux écoles de cinéma, l’IDHEC s’interdisant la formation de techniciens de films sonores.



1945

A la Libération, Robert MAUGE, ingénieur à l’Institut Géographique National, est appelé par le Ministère de l’Education Nationale à la direction de l’Ecole, succédant ainsi à P. MONTEL.



1947

Sous l’impulsion de R. MAUGE, une section Electro-Son est ouverte.

La compétence et le dévouement de A.H. CUISINIER, chef des travaux de la section Photo de 1926 à 1956, font beaucoup pour le développement de cette section. On peut citer les professeurs : Mme DULAC, MM. APERS, ABGRALL, AYLMER, COISSAC, DUBOIS, FESCOURT, HEMARDINQUER, LAVAL, LECAILLE, LOBEL, MARECHAL, Pierre MONTEL, PETIT, POTONNIE, ROUX, VIAL, VIGNAL.
Pendant 20 ans, Jean VIVIE, dirigera la section Cinéma et professera le cours de technique cinématographique. R. DESHAYES sera apprécié comme chef des travaux pratiques. Les professeurs seront MM. DIOTON, DORDEZON, FOUIN, GUINOT, PUJOLLE, SERGENT, SOULE, TARRIDEC, VALLET.



1963

En 1963, M. DELAISEMENT assure la Direction à titre transitoire, jusqu’à la transformation de statut qui fera de l’Ecole de Métiers un Lycée Technique.



1964

Création du Lycée Technique d’Etat de Photographie et de Cinématographie -L.T.E.P.C. - avec M. DELAISEMENT pour proviseur.



1965

Nomination de Pierre PHILIBERT à la tête de l’établissement : " Vaugirard " devient progressivement le "Lycée LOUIS LUMIERE ".

Depuis sa transformation, l’histoire de l’Ecole se confond avec ses efforts pour disposer de nouveaux locaux et de moyens matériels pour un enseignement encore mieux adapté à des techniques toujours en pleine évolution. En avril 1968, un Conseil Interministériel approuve un projet de reconstruction à Saint-Germain. Ce projet devait regrouper les enseignements du Lycée L. LUMIERE et de l’O.R.T.F., et une Ecole Normale Supérieure des Techniques Audiovisuelles, dès octobre 1969 ; mais il est abandonné peu après.



1970

En 1970, un Centre de Formation Continue et de Promotion Sociale est adjoint au Lycée Technique, augmentant considérablement les effectifs de l’Etablissement. A la même époque, les locaux de l’ex-institut d’Arsonval, 8, rue Rollin (6ème arrdt), sont mis à la disposition de l’Ecole. Ils deviendront le centre officiel de l’Ecole, quelques années plus tard, après l’évacuation de la rue de Vaugirard pour cause d’insécurité.



1973

Pour des raisons de sécurité, les élèves doivent quitter définitivement les locaux vétustes de la rue de Vaugirard. L’adresse administrative de l’Ecole devient : 8, rue Rollin, et les services d’intendance s’installent : 20, rue de Châtillon, dans le 14ème arrondissement.



1975

Un nouveau projet voit le jour : celui d’une implantation dans la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, sur le territoire de la commune de Noisy-le-Grand, dans un complexe audiovisuel important, à proximité de la S. F. P.
Si nous nous référons aux textes de l’époque, le programme était encore plus ambitieux. Un laboratoire de Recherches et un laboratoire d’Essais étaient prévus ; un Musée de la Photographie et de la Cinématographie devait même y être annexé (ce qui explique aujourd’hui le fond important encore aujourd’hui, d’appareils anciens et de documents). Ces projets annoncés par L.P. CLERC ne verront malheureusement pas le jour.



1977

Adrien TOUBOUL remplace P. PHILIBERT, parti à la retraite. A partir de cette année débute l’aménagement progressif d’une partie des locaux de la rue de Châtillon.
L’Ecole est maintenant implantée en quatre endroits :
. Rue Rollin : enseignement général, esthétique de l’image, laboratoires de photographie (noir et blanc), sensitométrie, électro-son, électronique.
. Rue Lhomond : studios de prise de vue cinéma, salles de montage, prise de son cinéma.
. Rue de Châtillon : laboratoires d’optique et de prise de vue scientifique, studio de prise de vue photo.
. ENNA d’Antony : laboratoires et studios de prise de vue de photographie en couleurs.

Parallèlement à la formation initiale, se développe à l’Ecole la formation permanente.

- à partir de 1971, s’ajoutent aux formations déjà existantes du CAP et du BP Photo, la préparation aux BTS, d’abord de Cinéma-image, puis de Photo, enfin de Son, ainsi qu’une année de mise à niveau. Ce secteur s’est amplifié d’année en année et l’effectif des "cours du soir " devient aussi important que celui des "cours du jour ".

- un Gréta "auvigraph " comprenant, entre autres établissements l’Ecole Estienne, est créé en 1979, avec Louis Lumière pour établissement d’appui. Il a pour vocation première l’organisation de stages de formation continue.

Enfin, un troisième secteur s’est développé à l’Ecole : ce sont les centres de formation d’apprentis, le CFA de Photographie et en 1979, celui des Opérateurs Projectionnistes, à recrutement national. L’ensemble représente 170 élèves.



1987

C’est l’année du départ à la retraite d’A. TOUBOUL, remplacé par Hélios PRIVAT. Les CFA de Photographie et de Projection se constituent en association : L’AFOMAV, indépendante de l’Ecole.
Le projet de reconstruction de l’Ecole prend corps et le bâtiment sort de terre à Marne-la-Vallée.


L'école en construction en 1987


1988

La longue gestation de la réforme de nos BTS, sans arriver vraiment à son terme, laisse entrevoir la mise en place d’un BTS audiovisuel à cinq options remplaçant et complétant l’actuel BTS Cinéma, ce qui n’est pas sans poser de sérieux problèmes.
Le projet des options prise de vue et laboratoire de la section Photo est, pour le moment, traité avec "discrétion " par le Ministère.



1989

La construction de la nouvelle Ecole a battu son plein toute l’année 88, le déménagement apparaît de plus en plus incontournable malgré des résistances farouches. C’est la mission première de son nouveau directeur, Hélios PRIVAT. Le transfert s’opère finalement en trois étapes de février à juin, photo puis son et enfin ciné, leur grand studio étant loin d’être prêt.
Les A.E.V.L.L. organisent un premier cocktail-visite en mai pour les anciens qui peuvent voir enfin l’école attendue depuis 1926  ! Le bâtiment à quatre niveaux est imposant : béton gris deux tons, bandeaux de verre et de métal. Deux ailes parallèles et décalées : une pour les photographes, l’autre pour les cinéastes et son. Des passerelles les relient. Beaucoup de salles de cours, des studios, des labos, des escaliers, des couloirs, une cafétéria, un self ; à part la salle de projection, plutôt loupée, il y a de la place, tout est grand. Le Maire de Noisy-le-Grand accepte l’idée d’H. PRIVAT de baptiser "rue de Vaugirard " l’espace qui sera plus tard une rue entre l’Ecole et la tranchée du RER. En juin, les studios ciné de la rue Lhomond brûlent avec une importante partie du matériel de prise de vue. Nouveaux problèmes financiers en plus de ceux de l’équipement en matériel de ce Lycée Technique un peu particulier.
Des tensions fortes se développent entre enseignants/élèves et le Directeur. La rentrée 1989 commence par une grève dure très médiatisée qui aboutit au départ d’H. PRIVAT, l’intérim étant confié à son adjoint Henri FRIZET. Le travail reprend, on s’installe à Noisy, on s’y perd un peu, on prend ses marques, il faudra faire vivre ce grand catamaran de l’image et du son. Il y a bien sûr des plâtres à essuyer et des "idées d’architecte " à admettre.



1990

Toujours pendant : le problème du statut de l’Ecole ! Surtout qu’en principe le nouveau BTS audiovisuel à cinq options sera préparé dans de nombreux collèges et lycées de France. Mai, juin, examens et sortie de la dernière promotion de ceux qui auront connu l’Ecole à Paris.
Mi-juillet, on annonce que le Ministère présentera en octobre au Conseil d’Etat le statut de l’ENS Louis Lumière tant attendu et... redouté. Il prévoit que cette véritable Ecole Nationale Supérieure délivre un diplôme propre de niveau Bac + 5.
La seconde rentrée à Noisy est finalement calme.
L’Ecole aura-t-elle enfin son statut de l’an 2000 ? Elle en a les locaux... pas encore inaugurés !



1991

H. FRIZET qui - et c’est rare à l’Ecole - fait l’unanimité de tous, est confirmé à son poste d’intérim ; il est nommé officiellement Directeur.
L’année scolaire se déroule normalement, les examens ont lieu, une première promo "tout Noisy " (c’est à dire n’ayant pas connu les anciens locaux de Paris) sort. Enfin le 27 juin, le décret tant attendu confère à l’Ecole Louis Lumière le statut d’Ecole Nationale Supérieure pour une formation à Bac + 5.
A chaque nouvelle rentrée, les A.E.V.L.L. organisent un pot à l’école pour que les nouveaux élèves sachent qu’une association existe pour "après "... même si pour l’instant c’est le cadet de leurs soucis et c’est bien normal.
Le serveur Minitel créé par l’association commence à bien fonctionner. Son but : échanger des informations mais surtout être une bourse des emplois, instantanée et interactive.



1992

Le 29 juillet, le décret de 91 est prolongé par un arrêté fixant les conditions d’admission et modalités du déroulement de l’enseignement et du contrôle des connaissances à l’ENS Louis Lumière.
Il faut bien le Bac + 2 (DEUG ou DUT) et avoir moins de 27 ans pour participer au concours - 20 places dans chaque section (photo, ciné et son). La durée des études est portée à 3 ans. Le diplôme final de l’ENS, délivré par le Directeur, est visé par le Recteur de l’Académie de Créteil.
Par l’officialisation de son statut et de son diplôme, l’image de Louis Lumière est enfin revalorisée à son juste niveau... Le contenu des cours en sera-t-il profondément changé pour autant ?
L’appellation "Vaugirard " va s’estomper avec le souvenir des locaux parisiens relevant progressivement de la préhistoire... souvenirs, souvenirs !



1993

Première rentrée des élèves en septembre sous le statut école nationale supérieure.



1996

Sortie de la première promotion Bac + 5.



1997

Deux départs et une arrivée : Pierre AUFFRET, chef des travaux, grand spécialiste de plannings, part en retraite et H. FRIZET voit sa demande de mutation pour le lycée français de Tokyo acceptée.
C’est Georges DADOUN - pour la première fois un "ancien de VAUGIRARD " - qui est nommé Directeur de l’E.N.S. Louis LUMIERE ... qui restera longtemps encore, Vaugirard.



1998

Un nouveau Directeur des Etudes remplace Pierre AUFFRET : Didier URSCHITZ. La photographie numérique entre de plain-pied dans les programmes avec l’arrivée de deux professeurs spécialisés.


2000

Michèle BORGHI prend la suite de Didier URSCHITZ à la Direction des Etudes.


2002

Jacques ARLANDIS, nommé directeur, donne un nouveau souffle au sein de l’école, assisté par Méhdi AÏT-KACIMI pour la communication et les relations extérieures, une fonction qui manquait jusque là. De nombreux professionnels sont invités à communiquer leur expérience au cours des "Mercredi de Louis Lumière", accessibles librement à toutes les personnes intéressées. Départ à la retraite de Michèle TULLI, un des pilliers de l’école depuis plus de trente ans.


2003

Rapprochement très important entre l’AEVLL et l’école. Mise en place d’un parrainage des étudiants par des professionnels tous anciens de l’école.


2006

Rapprochement très important entre l’AEVLL et L’Ecole fête ses 80 ans en s’associant à des manifestations de référence : Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand, Mois de la Photo en partenariat avec la Maison Européenne de la Photographie. A cette occasion un double DVD "Mémoires Vives 1926-2006" est édité.
Dans le cadre du partenariat précité, l’École met en place un nodal lié à la plate-forme HD et acquiert des équipements de postproduction.
L’École Louis-Lumière produit "Humus" et "Sad Lisa"ses premiers films tournés entièrement en HD (D-Cinéma).


2007

Départ à la retraite de Bernard LEBLANC (Photo 63), professeur de sensitométrie.
Francine LEVY est nommée directrice de l’École nationale supérieure Louis Lumière.


2009

Projet de transfert de l’École sur le site de la Cité du Cinéma à la Plaine Saint-Denis (93). Cette implantation, sur le site de production cinématographique et télévisuelle, permet un renforcement des liens avec les professionnels de l’image et du son intervenant dans les différentes entreprises qui y seront implantées, notamment Europcorp
Le déménagement de l’École est prévu pour la rentrée 2012.


2012

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Entrée de la Cité du Cinéma
Photo : B. Pitre

L’École déménage durant l’été. La rentrée s’effectue dans les nouveaux locaux.

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Le grand hall de la Cité du Cinéma
Photo : B. Pitre


Voir en ligne : ENS Louis Lumière

Portfolio

Action ETPC 1927 Mémoires Vives

7 Messages de forum

  • Histoire de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière 1er janvier 2007 14:12, par Jacques Bouzerand

    Bonjour,
    Question toute simple : de quand date la photo de groupe avec Louis Lumière qui illustre l’article historique sur l’école ?

    Merci

    Jacques Bouzerand
    bouzerand@gmail.com

    • Histoire de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière 2 janvier 2007 09:26, par Michel Prik

      Cette photographie provient de le collection Armand Duminy (Ciné 1931).

      Nous n’avons pas la date précise de cette prise de vue mais on y reconnait notamment Hélène Saporta (Photo 1937), la photo peut donc être raisonnablement datée de 1936-1937.

      Malheureusement, madame Saporta n’a pas de souvenirs précis de cette époque et nous n’avons pas pu en savoir plus.

      Voir en ligne : Promotion Photo 1937

  • Histoire de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière 23 décembre 2010 23:57, par Jacques Bouzerand
    A / S de Pierre Ligey : J’ai trouvé plusieurs références à certaines de ses photographies sur Google.com Vous les connaissez sans doute JB