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Dans le plus simple appareil : regard sur la nudité en photographie

Auteure : Zoé Barthélémy - Directrice de mémoire : Claire Bras

jeudi 1er mai 2014

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Toutes les représentations du corps humain dévêtu ne donnent pas à voir la même « nudité ». Cette dernière est effectivement une notion complexe et plurielle : si le terme renvoie effectivement d’abord à l’absence physique de vêtement, comme l’indique la plupart des dictionnaires, il désigne plus largement l’abandon des masques mis en place par la société, pour accéder à la simplicité d’une présence humaine en adéquation avec sa nature particulière. La photographie peut-elle dévoiler une telle nudité ? Dévoiler, oui, car la culture s’est emparée de la nudité, la parant d’artifices qui altèrent son état premier, métamorphose qui l’élève au rang de nudité civilisée et permet d’y porter le regard.

Partant de ce constat, ce mémoire prend pour objet d’étude la recherche d’une représentation photographique de la nudité, sans fard et à visage humain, c’est-à-dire une représentation qui donne une vision unifiée et identifiée de la nudité du sujet. Nous partons de l’analyse des premières représentations de la nudité en photographie, quand celle-ci travaille au service de la peinture, dont elle hérite les codes, pour s’intéresser ensuite à son émancipation en tant que medium artistique, quand les moyens proprement photogra­phiques, que sont la netteté, le cadrage et l’éclairage, permettent l’appropriation par la photographie du genre du Nu et l’invention d’une nouvelle vision du corps : fragment, objet, symbole, voire abstraction, autant de représentation qui « habillent » la nudité d’un voile esthétique et civilisateur. De là, nous cherchons à montrer comment les regards sur la nudité se diversifient tout au long du XXe siècle, à travers la banalisation de l’image du corps nu dans les espaces publics et privés, qui accompagne la libération progressive des mœurs. Évolution qui permet une représentation du corps libéré des codes esthétiques académiques et des tabous sociaux, et qui aboutit à l’émergence d’un nouveau genre, le « portrait-nu », image qui intègre l’individu et son identité, dans la singularité de sa forme et dans le détail de sa chair.

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