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Décès de Pierre Pigeon

Photo 1933

lundi 15 novembre 1999

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Nous avons appris le décès de Pierre PIGEON, dans sa 83ème année.

Pierre PIGEON, un ancien "photo 33" fut un pionnier du tirage couleur "industriel et publicitaire" et un ardent protagoniste de Vaugirard tout au long de sa carrière. Il nous est donc paru être la moindre des choses que de lui rendre un (modeste) hommage par ces quelques lignes ayant pour base quelques informations transmises par son épouse à qui nous présentons nos condoléances :

Pierre PIGEON, né en 1915 est entré à Vaugirard en 1931 et a débuté la "photographie industrielle" chez CHEVOJON -laboratoire professionnel parisien alors très important et ce jusque dans les années 1985- après un service militaire en 35-36.
Bien entendu, la seconde guerre mondiale lui a pris une grande partie des débuts de sa vie d’adulte, mobilisé dans l’aviation en Tunisie.
A son retour à Paris, il s’installe rue Pajol, puis, de 1953 à 1964, boulevard Haussmann.
Technicien dans l’âme, il suivit dès 1953 les cours de l’École de Vevey pour étudier le procédé couleur AGFA.
Face à un fort développement dû à une réputation de grande qualité, son laboratoire devenant exigu, il déménage dans le 18ème, rue Championnet, une adresse qui deviendra celle "DU" laboratoire AGFACOLOR de référence pour les professionnels exigeants ! Il y oeuvra jusqu’à sa retraite en 1985, interrompue par une grave opération du coeur en 87.
Mais, un autre ancien, Jacky LARCADE, "photo 55", a tenu à apporter son témoignage dont voici quelques extraits :

"Fin juin 55, après avoir suivi les cours de Monsieur CUISINIER et une semaine de stage chez TELCOLOR (à l’époque un stage hors de l’école était un exploit), je cherchais un premier emploi. Plusieurs possibilités : Lucien LORELLE, BARRANGER, entre autres. Une petite annonce dans le bulletin de l’AEVLL proposait un emploi de laborantin dans le labo récemment créé par Pierre PIGEON, pour succéder à Philippe BERNARD (photo 54) sur le procédé AGFACOLOR.
A cette époque nous avons connu tous les problèmes inhérents aux instabilités du procédé : voiles cyan, bascules, émulsions papier fort différentes les unes des autres, les couleurs qui passaient très vite à la lumière du jour etc... Mais, au plus fort des soucis, je n’ai jamais vu Monsieur PIGEON en colère. A la fin de ce premier mois, je reçus mon premier salaire : 15.000.- francs (anciens, bien sûr). Mobilisé pour l’Algérie, je cédais mon poste à Jacques AGNES (photo 54)... qui quelques années plus tard créa son propre labo, concurrent.
Point important et sympathique, un exemple à suivre : Pierre PIGEON a toujours privilégié les anciens de Vaugirard dans son recrutement.
Ensuite, chaque année, nous avions coutume de déjeuner une fois ensemble et je retrouvais toujours Monsieur PIGEON avec un égal plaisir. Un homme réservé mais chaleureux, ne retenant que le meilleur de toute chose.
Ces dernières années, il se "gavait" littéralement d’expositions, visites de Musées etc.
Nous devions déjeuner ensemble... j’étais bien seul à table."

Rien à ajouter si ce n’est confirmer l’extraordinaire bonhomie et charisme de Pierre PIGEON qui contrastaient en quelque sorte avec son souci de perfectionnisme et sa forte passion de la technologie... Je l’ai connu à l’époque ou pour les agrandissements sur papier couleur, on tirait des bouts d’essai développés en cuvettes et c’était toujours un bon moment de le croiser dans les salons ou réunions professionnels.

P.-S.

Témoignage de Alain Perceval Date : Thu, 5 May 2011 19:04:52 +0200

je viens de lire votre article PIERRE PIGEON bien que n’étant pas un ancien de vaugirard je voudrais ajouter mon temoignage et rendre hommage a cet extraordinaire magicien de la couleur je vous parle du début des années 60 négatif couleur CN 17 en vue aérienne il était le seul capable de livrer des 30/40 et des 40/50 papier couleur riches de tons et interpretes avec la grande sensibilité qui le caractérisait .sa gentillesse sa main tendue dans les difficultées y compris quand les clients tardaient à règler ( cela aussi c’est très rare) .1999 deux fois hospitalisé en juin et septembre j’ai eu la chance d’etre récupéré in extremis mon hommage est bien tardif mais très sincère

VU DU CIEL par alain perceval,