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Mémoire

Un avenir pour le scope en numérique ?

Auteure : Anastasia Durand - Directeur de mémoire : Pascal Martin

lundi 18 mars 2013

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A l’heure où la tornade numérique semble balayer définitivement la pellicule tant en tournage qu’en projection, ce mémoire s’intéresse à un procédé transcendant : le scope produit par anamorphose. Née de contraintes exclusivement liées au 35mm, la prise de vue anamorphique connaît aujourd’hui un tournant majeur. Il convient donc de s’interroger sur la pertinence d’un tel procédé de nos jours, de la prise de vue à la projection. Le scope anamorphique a-t-il un avenir en numérique ?

Ses critères esthétiques font du scope une invention si unique : ses flous ovoïdes, ses flares, ses distorsions sont des éléments sémantiques desquels les opérateurs ont usés pour servir une narration, une image, un film. Ces choix ont toujours été très affirmés, face aux redoutables concurrents que sont le Super35 ou le Techniscope. Ces systèmes proposent en effet une alternative à partir d’optiques sphériques dont les coûts et l’encombrement étaient réduits au dépend de la résolution (aujourd’hui ces contraintes ont presque disparues).

L’ère numérique semble avoir oublié l’existence du vrai scope. Les caméras ont des capteurs plutôt 16/9e que 4/3 et les configurations pour ce procédé commencent juste à être prises en compte. En attendant, on invente nombre d’alternatives, comme le sphérique « cropé » dans le capteur ou les systèmes à anamorphose par 1.3 ce qui achève la popularité du vrai scope. En cabine, le format n’est plus anamorphosé devant le projecteur et son ratio détermine la plus faible résolution et la plus faible intensité lumineuse de tous les cadres possibles. Les effets spéciaux, dont le traitement est particulièrement fastidieux et coûteux en scope, prennent une place de plus en plus importante aujourd’hui. Les films de genre à forts effets spéciaux qui susceptibles d’abandonner ce procédé en numérique dominent pourtant le marché de la pellicule au même titre que les films d’auteurs type comédie et drame...

Quelques changements dus à la répercussion du capteur sur le procédé et à l’absence d’anamorphose en projection ont été remarqués mais rien de particulièrement pertinent. Pourtant une vague nouvelle d’opérateurs revient vers le scope et cherche dans ce système de l’ancien monde ce qui pourrait être une réponse à la perfection des images numériques : retour à une texture connue, une dégradation volontaire, intérêt pour des optiques mal corrigées... Un engouement probablement temporaire, le temps de trouver ses marques dans une nouvelle ère.

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