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Yann Le Masson (Ciné 1953) nous a quittés

jeudi 2 février 2012

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Yann Le Masson sort de l’Ecole en 1953 et se dirige vers le travail de l’Image. Il signe la photographie de Quand le soleil dort en 1954 avant d’effectuer son service militaire en Algérie de 1955 à 1958 au sein du 18e R.I.P.C.

A son retour à la vie civile, il organise le cinéma politique. En 1961, J’ai huit ans qu’il réalise avec René Vautier est censuré. Il se pose alors la question du cinéma militant et participe à la fondation du Groupe pour le cinéma parallèle.

En juin 1962, avec Olga Poliakof, il publie le Manifeste pour un cinéma parallèle qui est publié dans la revue Positif. En 1963, Sucre amer qu’il réalise à la Réunion est censuré.

En 1973, il réalise Kashima Paradise avec Bénie Deswarte. Ce film aborde l’industrialisation hyperactive du Japon au début des années 1970. Il constitue un monument du documentaire et a obtenu le Prix George Sadoul. Chris Marker qui en a écrit le commentaire, disait : « Voilà peut-être le premier film où l’histoire est filmée comme une fleur ».

En 1978, il coréalise avec René Vautier Le Poisson commande qui obtient l’Oscar du film sur la mer. 1980 voit la réalisation de Regarde, elle a les yeux grands ouverts qui relate l’expérience des femmes du MLAC d’Aix en Provence. En 1985, Heligonka nous fait éprouver la cécité au travers de l’histoire de Patrick.

Il signe la photographie de nombreux films dont :
- Aicha (1960),
- Les Morutiers (1966),
- L’Or et le plomb (1966),
- Tu imagines Robinson (1967),
- Kashima Paradise (1973),
- L’Homme qui voulait violer le monde (1974),
- La Cecilia (1975),
- Les Prisons aussi... (1975),
- Nucléaire danger immédiat (1977),
- Aïnama (Salsa pour Goldman) (1980).

Il est aussi cadreur sur de nombreux films dont :
- Grand Prix (1966),
- Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages (1968),
- Cannabis (1970),
- Sans sommation (1973),
- Je t’aime moi non plus (1976),
- Equateur (1983).

Yann Le Masson transmettait son expérience notamment à Cuba et à Lussas. Il a su témoigner de l’histoire des peuples et faire éclater l’humanité dans ses sujets.

« Pour changer, devenir différent, et ainsi peu soit-il, changer le monde », répondait-il à celui qui lui demandait pourquoi il filmait.

Lire l’article de Cathie Aubry Le Masson