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La délégation norvégienne d’Hugo Boris (Ciné 2005)

Edité en 2007

vendredi 28 octobre 2011

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Message d’Hugo Boris

Bonjour,

Je voulais vous annoncer que mon nouveau roman, La Délégation norvégienne, vient de paraître chez Belfond.

J’ai relevé un pari littéraire un peu costaud : commettre la première intrigue criminelle où l’assassin serait le lecteur en personne.

Fastoche. Même pas peur.

Dans la typologie des criminels célèbres de la littérature, l’Oulipo a relevé, il y a quelques années, que seule cette piste n’avait jamais été explorée. Il est arrivé que le meurtre soit commis par plusieurs personnes à la fois, un enfant, un animal domestique, voire le narrateur lui-même, qu’il soit déguisé en suicide, ou en accident, qu’inversement, une mort naturelle soit déguisée en meurtre, et on sait depuis longtemps que l’assassin n’était pas dans la Chambre jaune. Mais le lecteur, qui est pourtant parti prenante de l’intrigue qui se joue pour lui a toujours été innocenté. Mettre fin à son immunité est l’espoir de ce texte.

Et pour donner la sensation physique au lecteur qu’en tournant les pages, il assassine volontairement l’un des personnages du livre, j’ai proposé à Belfond de revenir à un ancien procédé de fabrication, consistant à ne pas le massicoter avant diffusion : pour que lire redevienne un geste qui s’effectue à l’arme blanche.

Pour vous donner une idée de l’atmosphère, fortement enneigée et forestière :

La Délégation norvégienne (Hugo Boris, éditions Belfond).

« Est-ce l’alcool en carafon, le cuir brun, le mobilier vieux chêne, le feu qui crépite dans la cheminée ? Ce climat anglais où l’on s’assassine en grignotant des scones et en buvant du thé ? Il lui semble que chaque chose est bien à sa place, que chaque personne autour de cette table est un peu trop racée pour être honnête. S’appelle-t-on Ethel Brakefield dans la vie ? Ou Ernst von Sydow ? Ou même Lucas Cranach ? »

Sept chasseurs pris par la neige. Sept naufragés qui doivent se défendre du froid, de la faim, de la paranoïa qui les guettent. Prisonniers ? D’une île à la rigueur, mais d’une forêt ? Ils le sont bien pourtant, serrés par les arbres. L’un d’eux commence à douter : et s’ils n’étaient pas victimes du hasard, de la malchance ? Il y a une logique dans l’organisation de ce mouroir, derrière la fatalité de cette neige imperturbable. Au fil des pages, René Derain acquiert la conviction qu’il est condamné, qu’il va mourir. Non pas de froid, de fatigue, de gangrène : assassiné. Il sent, dans son dos, le souffle d’une intelligence. Il devine qu’ils en sont devenus les pantins, prisonniers d’une trame dramaturgique sur laquelle ils ne peuvent rien. Ou presque.

Le Baiser dans la nuque vient également de paraître en poche.

Bises et à bientôt,

Hugo

Le livre a reçu le premier prix littéraire des Hebdos en Région

Voir en ligne : Site des Editions Belfond