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Etudes Photographiques de mai 2010

Le flou du peintre ne peut être le flou du photographe

Une notion ambivalente dans la critique photographique française au milieu du XIXe siècle

mercredi 21 septembre 2011

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Pauline Martin a réalisé cette étude qui est éditée par les Etudes Photographiques. Elle est à consulter sur son site.

Le flou, aujourd’hui largement associé à la technique photographique, est cependant issu d’un lexique très spécialisé de la critique picturale. Au milieu du xixe siècle, alors que la photographie entre dans le débat artistique, le « flou » désigne avant tout une manière de peindre, qui favorise la transparence de l’œuvre, en dissimulant les touches du pinceau sur la toile. La critique photographique, qui se réapproprie discrètement le terme, en bouleverse le sens, impliquant désormais un défaut technique, un manque de netteté et une opacité auparavant ignorés. Vers 1850, on constate ainsi, dans les textes sur la photographie, une incertitude quant à la notion de flou, qui conserve ses résonances picturales tout en se chargeant de consonances nouvelles qui entrent en contradiction avec sa définition initiale.