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Mémoire

L’authenticité de l’autobiographie photographique, entre vrai et faux.

Auteur : Gabriel Coutagne - Directrice de mémoire : Claire Bras

lundi 10 octobre 2011

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Le premier moment de notre réflexion tend à montrer comment a pu naître l’idée d’utiliser un support iconique pour poser le récit d’une vie. Cette partie ne se voudra pas historique à proprement parler. Mais, comme l’émergence de l’idée d’autobiographique est progressive, cette partie s’appuiera sur cette progression, en vue de montrer comment photographes, artistes et critiques ont fait se rencontrer le récit rétrospectif d’une vie et la photographie.

Nous le verrons, cette idée n’a pas pu apparaître sans que soit mise en évidence une des caractéristiques de la photographie que Roland Barthes a appelée le "ça-a-été", devenu en l’occurrence « j’y étais ». Cela voudrait-il dire que l’autobiographie photographique est authentique, qu’elle rend véritablement compte de la vie de l’auteur ? Pour répondre à cette question, le second moment de notre réflexion sera consacré à l’examen plus théorique de la démarche autobiographique du point de vue de l’auteur, et de sa réception, du point de vue de son destinataire (le spectateur ou lecteur).

La mémoire, le passé, le récit et le réel seront des référents prépondérants à l’image photographique. Mais du point de vue du spectateur, cette autobiographie, faisant référence à une mémoire et à un réel exogène, devra sans doute faire référence à l’imaginaire. La relation entre autobiographie photographique et vérité se trouvera distendue, et l’authenticité de cette démarche, remise en question. Dans sa relation au réel, l’autobiographie photographique semble seulement vraisemblable. Le troisième moment de notre réflexion nous permettra alors de montrer que l’authenticité de l’autobiographie photographique n’est pas, en fait, soumise au concept de Vérité.

En effet, il est envisageable de voir se rencontrer en son sein des composants fictionnels et documentaires complémentaires. En outre, les oeuvres autobiographiques peuvent être techniquement “truquées”, sans que le discours autobiographique puisse être remis en cause. Car en réalité, l’autobiographie photographique peut comporter des aspects symboliques.

Cela implique de mettre en jeu la question de l’identité de l’auteur, mais aussi celle de son spectateur, devenant le juge subjectif de l’autobiographie et de la photographie.