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Oreilles obliques Regards en coin

vendredi 8 juillet 2011

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Lorsque le Patrimoine penche du coté de ENSLL et de l’AEVLL ! « Quand les chansons sont restées, l’image de l’homme s’est brouillée, adoucie, comme ternie. Il est temps de découvrir que derrière la figure fleurant bon la France d’antan, se cache un individu rare, hautement lettré, fin connaisseur de la poésie française, un grand timide mal à l’aise sur scène, un formidable musicien pétri du swing et amoureux de Charles Trenet, un libertaire qui choisira une voie individuelle plutôt que les combats collectifs, sans renier ses convictions, s’opposant à la guerre, à la morale bien-pensante ou à l’arbitraire de la justice et de la police, une force tranquille, inébranlable dans le tourbillon du succès, qui n’a jamais suivi que sa petite musique intérieure ».

Cette introduction est signée par Clémentine Deroudille et Joann Sfar les commissaires de l’exposition Georges Brassens qui se tient à la Cité de la musique jusqu’au 21 Août 2011. Ceux-ci enchainent avec un « Comment exposer Brassens ? » Et la réponse se trouve dans le dispositif : c’est la multiplicité, la juxtaposition, la combinaison de tous les documents scripto-audio-visuels qui au cours d’une déambulation évidement structurée et chronologique, témoigne de façon vivante et ludique des facettes cachées comme stéréotypées de l’artiste. Parvenu à la reconnaissance dès l’année 1954, l’auteur compositeur interprète réexiste par les traces de l’enregistrement 45 et 33 tours, par celles d’extraits d’entretiens et d’interviews à la radio comme à la télévision, par le magnestoscopage d’un tour de chant des années 1969 à Bobino et par des photos de répétition ou de scènes. De nos jours, le chanteur nous est donné à voir, à entendre et pour certain à découvrir via un corpus avant tout audiovisuel. Ainsi on trouve également des documents caméras d’amateurs et photos de famille. En un mot, s’il n’y avait pas ce constant apport patrimonial des éléments audiovisuels, l’exposition n’aurait pu atteindre son souci, sa visée de passeur, de passeuse.

Tout n’est pas parfait dans cette exposition. Le lieu est relativement exigu. De grands agrandissements servent de découverte, les téléphones anciens modèles sont à disposition pour l’écoute des sons radios, les écrans dans les niches thématiques nécessitent une bonne assise sur ses jambes et la foule peut vous déstabiliser. Seul le concert de Bobino peut-être regardé dans sa durée d’une heure en position assise ! Au-delà de cette exposition Brassens, il s’agit de constater avec plaisir pour nous les professionnels comment la muséographie a de nos jours de plus en plus recours aux possibilités d’expressions par les images et les sons.

Ainsi, autre exemple, si l’envie vous prend d’aller visiter pour une première fois le château de Chenonceau ou d’y retourner après avoir lu ces lignes, vous pourrez louer un I.Phone. Tout en déambulant dans les chambres et salles du château, avec la résolution relativement excellente d’affichage de ce dernier, vous disposerez d’animation de documents iconographiques et d’extraits de films accompagnés de commentaires historiques éventuellement soulignés par de la musique dans vos écouteurs. Que du bonheur jusqu’ici audio, devenu récemment et pour longtemps encore audiovisuel !

Le Dom promo ciné 67