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Mémoire

L’ailleurs : entre frantasme et héritage

Mémoire de Katie Baillot (Ciné 2009) - Directeur de mémoire : Jean-Louis Berdot

jeudi 18 août 2011

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L’identité est un concept abstrait, en constante évolution. Elle se modifie au contact du milieu ambiant. Dès l’origine de ce mémoire je souhaitais partir à l’étranger. Je ressentais un besoin personnel de changer mes repères, de me mettre à l’épreuve dans un pays dont je ne parlais pas la langue.

En parallèle de ce projet, je m’interrogeais sur ce désir de l’ailleurs propre à l’être humain et sur sa représentation cinématographique. C’est principalement à travers le film d’Abderrahmane Sissako, En attendant le bonheur, que j’ai abordé la question de l’ailleurs idéalisé, symbole d’un échappatoire, d’un lieu où une vie meilleure serait possible.

Le réalisateur y effectue un travail de cadrage particulier pour évoquer cet « ailleurs » et signifier visuellement l’isolement d’Abdallah, en transit dans une ville dont il ne parle pas la langue. Il a recourt également à des éléments narratifs qui créent une métaphore visuelle de l’incapacité d’Abdallah à s’ancrer dans ce village. Dans Eden à l’ouest de Costa-Gavras, le réalisateur utilise le thème de la magie pour aborder le fantasme du personnage. Par la suite, je me suis intéressée à la relation que l’on pouvait avoir avec cet ailleurs lorsqu’il était l’objet d’une transmission, d’un héritage.

A travers trois documentaires, trois quêtes identitaires, j’ai tenté d’analyser quelle pouvait être la représentation de cet endroit (re)connu. Enfin, dans la continuité de cette idée de transmission, je me suis intérrogée sur la manière dont une culture peut survivre hors de son territoire. Au cours de ce dernier point, la langue s’est révélée plus qu’un simple moyen de communication : un outil primordial dans la défense de sa culture mais aussi dans la construction même de son identité.

Lors du choix de ce mémoire j’avais cherché un sujet de documentaire me permettant d’aborder la thématique de la quête identitaire, du fantasme d’un ailleurs. J’ai découvert l’existence des descendants de Gallois de Patagonie à travers les écrits de Françoise Maurel, chercheuse à l’université de Brest. Je me suis rendue là-bas et j’ai décidé de recentrer mon travail sur l’identité galloise de nos jours dans la ville de Gaiman, aux environs de Trelew. J’y ai fait de nombreuses rencontres qui ont nourri et fait évoluer l’ensemble de mon travail, pratique mais aussi thérorique.

Ces personnages soulèvent chacun à leur manière la question du rapport à cet ailleurs : Tégai, la vieille dame, responsable du musée ; Tatiana, jeune femme d’une trentaine d’année, employée au musée, très attachée à sa culture, et Dorvan et sa maison, figés au temps des gallois. C’est à travers ces rencontres et les analyses de films choisis que j’ai abordé ce thème de l’ailleurs dont rêve tout être humain et qui n’est pas seulement géographique.