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Mémoire

Lumière Naturelle, entre réalisme et émotions.

Mémoire de Benjamin Roux - Directeur du mémoire : Yves Angélo

jeudi 8 septembre 2011

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La lumière naturelle, source intarissable de nuances et d’effets variés, ne peut se séparer de son rapport au décor lorsque l’on tourne en extérieur. D’une certaine manière, le cinéma présente une analogie avec la peinture dans son utilisation symbolique du fond paysager.

Il se place en effet en héritier d’une culture picturale qui a vu le paysage passer du statut de symbole au service d’un discours, à celui de sujet digne d’intérêt pour ses caractéristiques visuelles propres. Néanmoins, la différence dans le rapport au temps d’analyse entre le film et le tableau nécessite que le cinéma transmette cette valeur symbolique autrement. C’est ainsi qu’entre en jeu la lumière, puisque c’est elle qui fait basculer le paysage - décor dans ses propriétés signifiantes. L’étude des références picturales dont s’inspirent les films de Terrence Malick et l’utilisation que celui-ci fait de l’interaction entre la lumière et le décor, nous permettra de montrer à quel point ces deux éléments visuels, ainsi liés, participent au propos du film.

Il sera alors question d’envisager les différentes méthodes du chef opérateur en fonction des situations de lumières variées que propose la nature. De la technique de prise de vue dépendra, non seulement, la question du réalisme de l’image, mais aussi la capacité de celle-ci à transmettre des émotions. L’opérateur fait alors face à des choix cruciaux dont dépendra la cohésion de l’image avec le discours du film. Si on exige, en effet, de l’aspect visuel d’un film d’être en adéquation avec une certaine vraisemblance du réel, on lui demandera surtout de ne pas perturber l’appréciation du récit. La question de la beauté de l’image entre alors de plein pied dans le débat, puisque, bien souvent, on reste méfiant, voire réticent face à la plastique parfaite.

Toutefois, l’exemple de Malick vient encore prouver que l’on peut chercher à faire entrer la beauté de l’image en adéquation avec le propos sans pour autant paraître naïf ou manichéen. Reste alors au chef opérateur de savoir appliquer la stylisation juste qui permettra de sublimer le récit sans lui faire perdre de sa force.