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Mémoire

Gus Van Sant, un Monde Adolescent. Des visages en lumière

Mémoire d’Alexis Robin (Ciné 2009) - Directeurs de mémoire : Hélène Louvart et Arthur Cloquet

mardi 30 août 2011

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Ce mémoire propose d’analyser d’un point de vue lumineux la Tétralogie de l’adolescence (Gerry, Elephant, Last Days et Paranoid Park) tournée par Gus Van Sant entre 2002 et 2007.

L’adolescence, décrite pas le psychologue Erik H. Erikson, est une phase de transformations dominée par une quête de repères et d’identité. Gus Van Sant, accompagné de deux chefs opérateurs chercheurs, Harris Savides et Christopher Doyle, construit tout au long de la Tétralogie un dispositif filmique sensible et subjectif qui va permettre une mise en images des mutations que subissent les personnages.

On assiste alors à une lente translation des axes de lumière qui éclairent les visages. On passe d’un éclairage large à la face, lié à une esthétique de l’Ange issue de la Renaissance Italienne et du maniérisme, à des axes plus latéraux, voire en contre-jour, inspirés d’une imagerie plus sombre.

Les peintres Hollandais du XVIIe siècle et Le Caravage nous servirons alors de référents. Les personnages de la Tétralogie sont systématiquement confrontés à la mort. Gus Van Sant, comme Erikson, semble considérer que le passage à l’âge adulte est accompagné d’une prise de conscience du seul et unique cycle de vie dont nous disposons.

Finalement, grandir, c’est devenir pragmatique et se résigner à vivre coupable. Une esthétique de clairsobscurs prend alors possession de la fin des films de la Tétralogie. Une partie pratique est jointe au mémoire. Il s’agit d’un court-métrage intitulé Regarde où tu marches, fiction de 7 minutes, tourné en 35mm en studio. Il narre l’histoire de Florent, qui, comme Alex dans Paranoid Park, rencontre les notions de mort et de culpabilité.

La logique lumineuse de ce film est basée sur le glissement des axes de lumière sur les visages. Il semble accompagner les personnages adolescents vers la vie adulte.