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Mémoire

Le split screen. Usages de l’écran partagé, de son utilisation ponctuelle à sa radicalisation au sein du cinéma de fiction

Mémoire d’Alice Daumas (Ciné 2009) - Directeurs de mémoire : Benoît Turquety et Vincent Amiel

jeudi 1er septembre 2011

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Le point de départ de ce mémoire est une constatation : une résurgence de l’effet split screen, en français écran divisé ou partagé, auquel je suis, en tant que spectatrice, particulièrement sensible. Aussi je suis amusée de repérer son usage fréquent à la télévision et dans certaines séquences de film.

On peut même repérer sa récurrence formelle partout : les dispositifs de télésurveillance, les « mosaïques » des chaînes disponibles sur le câble, les multiples fenêtres d’Internet. Amusée oui, mais quelque peu agacée aussi, de constater la « visibilité » à outrance de ce procédé. Ne serait-on pas en train d’oublier les enjeux profondément cinématographiques du split screen ? Ce sont ces enjeux, dans le domaine du cinéma de fiction, que je me suis proposée d’étudier tout au long de ce mémoire. Une première étape de notre étude se veut être un panorama des usages du split screen, de sa naissance en même temps que le cinéma lui-même, jusque dans les années 2000.

Evoluant en même temps que les techniques de montage, il est une alternative à celui-ci, répartissant dans l’espace les plans traditionnellement successifs dans le temps : il est donc très pratique pour exprimer la simultanéité d’actions, et une situation en particulier, assez courante au cinéma : la conversation téléphonique. Polyptyque, mosaïque, vitrail, et plus récemment bande dessinée et écran d’ordinateur : le split screen est aussi un puits de références plastiques. D’ailleurs de nombreux artistes, pas forcément au sein du cinéma narratif, ont exploité et exploitent ses possibilités esthétiques.

Enfin, l’attitude du metteur en scène Brian De Palma par rapport à l’effet split screen, mérite que nous nous y arrêtions : il compose avec lui une réflexion à laquelle il invite le spectateur sur le rôle et le pouvoir des images. Nous nous attardons ensuite sur la radicalisation de ce procédé tentée récemment par quatre metteurs en scène. Time Code, Conversation(s) With Other Women, The Tracey Fragments, La Soledad, sont des films appartenant à des genres complètement différents.

Quelle a été leur démarche par rapport au split screen ? Qu’apporte-t-il à leur film ? Comment cette radicalisation s’opère tout au long du film ? Et finalement, qu’est-ce qui différencie la vision d’une image de celle de plusieurs images sur l’écran ? Quelle est la valeur de la coupure de l’écran pour le spectateur ?