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Mémoire

Lumière et matière Information de la lumière par la diffusion dans deux films éclairés par Vittorio Storaro

Mémoire de Benoît Mars - Directeur de mémoire : Yves Angélo

jeudi 25 août 2011

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Ce mémoire traite du phénomène de la diffusion en tant qu’information de la lumière et de l’image filmique, dans deux films éclairés par Vittorio Storaro, Il Conformista et Apocalypse Now Redux. La diffusion se définit scientifiquement par l’interaction d’éléments matériels placés dans la lumière et qui provoquent une re-émission de cette lumière avec des variations d’intensité, de direction et de colorimétrie.

Les conséquences de cette description rejoignent le travail du chef opérateur, chargé de la création de l’image dans le processus d’élaboration d’un film, et permettent d’approcher les différents domaines dans lesquels il doit intervenir, tant techniques qu’esthétiques, narratifs et philosophiques.

C’est ce travail que ce mémoire tente d’approcher, sous cet angle de l’étude des interactions que provoquent les différents matériaux rencontrés par le faisceau lumineux, en trois moments. Dans un premier temps, les différentes sources de lumière seront comparées par des expérimentations ensuite traitées numériquement afin d’en calculer un coefficient de diffusivité. Ces essais s’illustreront d’analyse de séquences où la lumière est utilisée dans cette symbolique primaire, en tant que force de déchirement, en tant que dualité entre clarté et obscurité dans laquelle elle laisse voir les éléments profilmiques.

Puis sera évoqué l’emploi de sources de lumière immergées dans une atmosphère, l’espace profilmique, où leurs rencontres avec la matière prennent plusieurs formes : particules en suspension qui donnent corps au faisceau, dégageant la figure équivoque du cône lumineux, brumes et fumées qui envahissent tout ou partie de l’écran, voile atmosphérique qui provoque l’effet de perspective aérienne, lumières issues d’autres sources permettant de structurer l’image et enfin comédiens et éléments inertes inclus dans le décor.

La lumière est alors modulée et modelée tout au long de son parcours, jusqu’à déformer l’image elle-même, et la diffusion permet d’aborder ces divers aspects en s’appuyant sur des études de séquences issues des deux films susmentionnés. Enfin, ces assemblages de lumière sont chargés de venir impressionner un capteur photosensible, dont la matière même vient là encore interférer avec le faisceau incident.

Trouve alors sa place un ensemble de dispositifs techniques disparates dont le but est de diffuser cette image, soit directement à la prise de vue soit lors de la post-production. Ces dispositifs seront expérimentés puis analysés en rapport avec Il Conformista qui en fait un large usage, à l’aune d’autres références majeures en ce domaine. Cette image trouve également une dernière naissance ontologique lors de sa projection, où elle tire du réel une création qui devient film par l’intervention d’une matière venant informer le faisceau du projecteur.

Les intentions de ce travail seront de suivre, tout au long de ce parcours de la lumière, les multiples implications filmiques qu’amène la présence de matière à travers un double champ de connaissance réunissant pratique expérimentale de l’opérateur et savoir théorique lié à la cinématographie.