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Mémoire

Trauma : la mémoire disloquée Étude du traumatisme du personnage de fiction dans quatre films contemporains

Mémoire de David Cailley (Ciné 2009) - Directeur de mémoire : Michel Marx

mardi 6 septembre 2011

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Ce mémoire se propose d’analyser la construction du traumatisme du personnage de fiction à travers quatre films contemporains : Keane de Lodge Kerrigan, Memento de Christopher Nolan, Mulholland Drive de David Lynch et Spider, de David Cronenberg. Ces quatre films prennent pour thème la mort ou la disparition d’un être cher, et le déni de réalité qui en résulte.

Dans ces récits, principalement traités en focalisation interne selon le terme de Gérard Genette, le personnage est en but à une fausse enquête, essayant de démêler les fils de son passé. L’identité des personnages est donc malmenée, et avec elle l’identification du spectateur qui finit par ne plus savoir ce qu’il doit croire.

Les personnages principaux se révéleront doubles, en miroir avec les personnages secondaires, qu’un savant jeu de contraste à la fois du jeu de l’acteur, du montage et de la mise en scène contribuera à accentuer. Il en résulte un univers dans lequel le déni de réalité ramène les morts à la vie, et où les corps finissent par errer dans des espaces déserts, dont l’air empeste de la putréfaction ambiante, que l’on tente de couvrir tant bien que mal.

Mais les pulsions meurtrières reviennent toujours plus fortes. Et pour que le déni puisse procéder ainsi, la mémoire se doit d’être effacée, les souvenirs oubliés, pour être remplacés par d’autres, plus faciles à accepter. Mais le traumatisme est là qui guette, prêt à resurgir, et c’est une entreprise de devoir le camoufler. C’est l’entreprise de la répétition, qui se transforme à l’échelle du film en figure de la boucle. Le temps s’inverse, des réalités multiples se font jour, et la vérité entre en crise. Ainsi émerge un personnage aux multiples facettes : le personnage du faussaire.

A travers cette analyse, le traumatisme du personnage formera ainsi peut-être cette image-cristal chère à Gilles Deleuze, définissant ce que l’on pourrait appeler un cinéma de la modernité. Il ne reste dès lors qu’à ouvrir les yeux, et scruter ces images qui ne cessent de se dérouler devant nous.