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Mémoire

L’image seconde : les images dans l’image de cinéma, leurs supports et l’espace-temps du film

Mémoire de Quentin Balpe (Ciné 2009) - Directeur de mémoire : Benoît Turquety

mardi 26 juillet 2011

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Ce mémoire propose d’analyser les espaces-temps de différents films dans lesquels sont mises en scène et en espace diverses images. Ces images, que nous appellerons les « images secondes », peuvent être des photographies sur papier, des images vidéo diffusées sur des moniteurs, des images de cinéma projetées sur un écran…

Il s’agit donc ici de comprendre comment l’intrusion d’une image dans une image de cinéma peut modifier le rapport que le spectateur entretient avec l’image du film, dite « l’image première ». Il s’agit aussi de comprendre comment les images secondes renvoient aux espaces-temps de l’image première, et quels espaces-temps elles convoquent elles-mêmes. Du passé, du présent ou du futur, les images secondes sont donc des empreintes dont les espaces-temps interagissent avec ceux de l’image première.

La question des supports de l’image seconde est également importante puisque ces derniers vont définir, suivant leurs technologies, les espaces de l’image première dans lesquels ils vont être mis en scène. L’étude va donc se diviser selon la nature des images secondes et des supports qui les diffusent. Une première partie décrit l’utilisation de l’image photographique dans des films comme Blow Up (Michelangelo Antonioni, 1966) ou encore Alice dans les villes (Alice in den Städten, Wim Wenders, 1973). Le caractère latent de l’image photographie argentique, sa fixité et son support papier sont au coeur de l’analyse.

Une seconde partie analyse la mise en scène de l’image seconde cinématographique dans le film. La salle de cinéma sera un point de départ et permettra de voir comment certains cinéastes ont contourné cette convention pour mettre en scène l’image cinématographique de manière plus originale. Cette partie montre aussi, à partir de plusieurs exemples, comment l’image seconde interagit avec l’image première, ou comment le statut même d’image première peut être mis en doute dans certains films. Une troisième partie examine la présence de l’image vidéo dans l’espace cinématographique. La possibilité de la vidéo à être diffusée en direct redéfinit en profondeur le rapport qu’entretiennent image première et image seconde.

Cette partie analyse plusieurs films dans lesquels la vidéo permet de déconstruire et de reconstruire l’espace, de mettre en abyme l’image à l’infini… grâce à cette possibilité d’être diffusée en direct. Une dernière partie montre comment certains artistes et cinéastes ont utilisé l’image seconde comme un outil permettant d’expérimenter de nouveaux espaces-temps. A travers des inventions futuristes dans des films de science-fiction, par combinaisons de supports ou par superpositions d’images secondes, les espaces-temps que parviennent à convoquer ces images secondes sont totalement inédits.

Ce mémoire montre donc comment l’image seconde, en fonction de la technologie qui la diffuse, définit des espaces-temps dans l’image de cinéma qui lui sont propres. Enfin, à partir de certaines nouvelles technologies comme les écrans ultraportables, il suggère de nouvelles possibilités de mettre en scène ces images au cinéma grâce aux technologies émergentes.