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Mémoire

La question de la source dans l’installation sonore. Utilisation de l’effet Larsen dans les installations sonores.

Mémoire de Louis Martin (Son 2007) - Directeurs de mémoire : Thierry Coduys, Jean Rouchouse (Dir mémoire)

mercredi 31 août 2011

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Deux questions sont à la base de ce travail. La première, c’est : « d’où vient le son ? », c’est-à-dire : « quelle source va-t-on traiter dans une installation sonore ? » est-ce que c’est une bande ? un fichier informatique ? est-ce qu’un processus temps réel est mis en oeuvre ? si oui de quelle manière ? etc… Ce qui pose dans un deuxième temps la question suivante : « comment on reproduit le son ? », c’est-à-dire comment faire pour le projeter dans un espace ? de quelles manières mettre le spectateur à l’intérieur du dispositif sonore ?

Cette problématique de la source embrasse à la fois des considérations esthétiques, propres à chaque création, et des considérations d’ordre technique. Et notre propos est justement d’englober les deux : décrire le cheminement artistique à travers cette multitude de sources possibles, mais également décrire les moyens mis en oeuvre par rapport à ce qui est techniquement réalisable.

Le concept de temps réel, en particulier, a renouvelé considérablement le champ des sources possibles. Il a établi une discrimination entre les sources liées à un support, et celle qui sont générées au fil de l’oeuvre, cad en temps réel. Une source enregistréesur un support induit une certaine fixité, ainsi qu’un temps d’exécution déterminé. Une source temps réel, par contre - qu’elle fasse appel de la synthèse, à un dispositif microphonique, ou encore bien autre chose - renvoie en quelques sorte à une infinité de possibilités sonores : ce n’est jamais la même chose. La problématique de la source aussi fait référence à la notion de matière (ici la matière sonore), à partir de laquelle on créé. Avec le temps réel, la source devient en quelque sorte plus fugitive. Elle est moins saisissable. La matière sonore, symbolisée par le support, se dilue. C’est une matière éthérée, en partie dématérialisé…

La partie pratique constitue une installation sonore, expérimentant le larsen comme interface d’interaction. Par là, je souhaite pousser à l’extrême cette problématique de la source. Proposer une installation utilisant le larsen pur, c’est justement faire disparaître cette source : on est dans le « No-Input », c’est-à-dire « pas de source ». Le larsen est en général combattu, par les sonorisateurs par exemple, qui cherchent à le faire disparaître. A l’inverse, certains mouvements artistiques l’ont mis à profit dans leur création sonore, mais ce toujours de manière empirique, à cause du caractère très aléatoire du phénomène.

Ici, mon approche se situe toujours dans une démarche de création sonore, mais je souhaite dépasser l’approche empirique adoptée en général par les artistes. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est comprendre comment gérer ce phénomène. D’autre part, cette utilisation du larsen prolonge l’idée d’une dématérialisation de la source, ainsi que la problématique de l’espace sonore, évoquées plus haut.