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Mémoire

Les limites de la perspective centrale à travers quelques oeuvres photographiques

Mémoire de Bogdan Sarbu (Photo 2007) - Directrice de mémoire : Claire Bras

vendredi 29 juillet 2011

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La perspective centrale occupe une place privilégiée dans la culture occidentale depuis la Renaissance. Les discours sur la photographie en font référence comme principe unique ou privilégié de représentation. Mais au XXe siècle, divers développements dans les domaines des sciences et des arts, appellent à une reconsidération théorique de la primauté de la perspective centrale en photographie.

Historiquement, la photographie apparaît comme une pratique qui s’apparente à la peinture, mais qui la dépasse grâce à la précision scientifique de la représentation garantie par l’appareil. L’analyse d’une métaphore de Walter Benjamin permet de déceler que les mécanismes de représentation des deux pratiques sont essentiellement différents. Mais les conceptions théoriques de la photographie persistent à l’inscrire dans le paradigme de la perspective centrale. C’est du côté de la pratique artistique que viennent, au XXe siècle, les premières initiatives de questionnement du bon-sens qui place la perspective centrale au fondement de la photographie. De son côté, le progrès de la science permet l’application de nouveaux modèles de rendu perspectif. Ces éléments constituent autant de paradoxes qui viennent bouleverser le préjugé de l’unicité de la perspective centrale.

Si la perspective centrale a pu acquérir une position favorisée dans la culture occidentale, c’est à cause de son apparente similarité avec les mécanismes de la vision humaine. Mais ce type de perspective ne représente qu’une option de représentation parmi d’autres. Sa relativisation ouvre la voie à un changement d’attitude du photographe envers son appareil et à une reconsidération du regard humain en général.