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Mémoire

La photographie comme fragment. Etude d’un discours visuel apparenté à la mosaïque

Mémoire de Claire Israel (Photo 2007) - Directeur de mémoire : Rolan Ménégon et Olivier Schefer

vendredi 22 juillet 2011

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L’investissement du mur d’exposition pour la création d’un discours visuel sur la base de l’assemblage de photographies interroge sur le statut fragmentaire de ce médium et sur le sens à donner à son intégration au sein d’une pièce apparentée à la forme mosaïque.

Cette question ouvrant sur une remise en cause des modes usuels d’exposition de l’image photographique avec son isolement sur le mur renforcé par le cadre, il convient de comprendre comment certains photographes en sont venus à recomposer l’espace pour soutenir le sens à donner à leurs images. La création de ces pièces se rattachant à la forme mosaïque implique l’assimilation de la photographie à un fragment. Et ce fragment peut être décliné en différents statuts.

Avant tout échantillon d’un monde auquel elle se réfère, elle peut également être rapprochée d’un fragment de mémoire et donc du souvenir, ou revêtir les traits d’une unité close et dégagée de son référent réel, ou finalement s’identifier à une totalité symbolique que représente la série. Selon la nature fragmentaire de l’image, la composition et le sens donné au discours visuel qu’elle vient étayer ne trouvent pas le même écho. Au travers de la mosaïque Antoine d’Agata transcende sa vision d’un monde complexe et tente d’écrire un discours décrivant son expérience. D’Agata envisageant la photographie comme un médium limité tente de nous éclairer sur son rapport avec le monde et la photographie, en faisant résonner des images, a priori disparates, pour leur donner un second souffle.

Il nous invite à pénétrer son univers mental en fragmentant la forme narrative pour pousser le regard du spectateur à déambuler selon ses propres règles. Et avec Common Sense de Martin Parr, on voit se profiler la critique construite d’une société de consommation entraînant une universalisation du mauvais goût et du toc. Cette critique se base sur une observation minutieuse des travers de la surconsommation afin de les exploiter pour en faire la parodie.

Ainsi, il entame une dévalorisation de l’un des premiers objets de consommation dans nos sociétés post-industrialisées : la photographie. Et conscient que la forme mosaïque est à l’image de la mondialisation, il crée une pièce présentant des tirages jusqu’à écoeurement, transcendant ainsi son message jusque dans la forme qu’il donne à son travail exposé.