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Mémoire

Héritage de John Ford

Mémoire de Julien Talabardon (Ciné 2007) - Directeur de mémoire : Gérard Leblanc

samedi 30 juillet 2011

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Quand on aborde la carrière de John Ford, il est toujours difficile de cerner et d’élire un corpus précis. Toute volonté d’appréhension de l’œuvre du cinéaste est rendue caduque, tant par le nombre de films (145) que par la grande variété de ceux-ci.

Le choix du corpus se révèle délicat, mais pas insoluble. Il doit prendre Ford dans son maximum, car on sait qu’il n’a pas pu être à tous ses films avec la même intensité et la même rigueur, rendre compte d’évolutions chez le cinéaste (technologiques, idéologiques et esthétiques), pouvant être confronté à la méthode fordienne et à son récit. Nous avons choisi de nous attarder sur la trilogie des films qu’il réalisa avec Will Rogers comme acteur principal : Doctor Bull (1933), Judge Priest (1934) et Steamboat Round The Bend (1935). Comme nous le verrons, Ford y expose certains éléments qu’il développera par la suite. Il s’agit également du compte-rendu d’une mythologie américaine, qui va du western pacifié, dont Stars In My Crown (1952) de Tourneur constituera le chef d’œuvre, jusqu’à la comédie de mœurs de la Nouvelle-Angeleterre.

Nous tiendrons ensuite l’état des changements du cinéma fordien à travers l’analyse de trois autres œuvres. Young Mister Lincoln (1939), My Darling Clementine (1946), notre unique incursion dans son genre privilégié, et Seven Women (1965), dernier film du cinéaste. Ford n’est pas un réalisateur qui s’exprime au passé. Par son travail sur le mythe et la réalité, l’Histoire et les hommes, le déterminisme et le libre arbitre, il interroge l’humanité, son passé, son devenir. Son utilisation du cinéma et de ses éléments, qu’on aurait tort d’accuser d’hollywoodisme aggravé, cache une rare complexité et une implication surprenante du cinéaste.

Nous essaierons, dans une troisième partie, de lister précisément les éléments que nous aurons isolés dans l’analyse de ces six films, et nous interrogerons ensuite l’idée d’une succession possible de Ford chez des cinéastes plus contemporains et plus modernes.