Accueil du site > Technique > Mémoires > Mémoires 2007 > Cinéma 2007 > Le cinéma Asynchrone

Mémoire

Le cinéma Asynchrone

Mémoire de Mathieu Macheret (Ciné 2007) - Directeur de mémoire : Gérard Leblanc

mardi 2 août 2011

Partager l'article avec  

Dans une Histoire du cinéma considérée comme celle des rapports entre image et son, l’asynchronisme est le régime qui, avant toute chose, prend état et institue un « irreprésentable », qu’il soit le Passé, le Réel, la Vérité, l’Ensemble, la Poésie, ou quelque autre majuscule.

Cet irreprésentable devient la limite commune entre l’image et le son, ce vers quoi ils doivent amasser tout ce qu’ils peuvent saisir – des traces, des indices, de la durée, de la matière, du mouvement, etc. – et pointer leur lourd édifice. Images et sons travaillent indépendamment mais simultanément et vers le même horizon : la construction d’une enveloppe, d’une crypte où abriter l’irreprésentable. Ils sont les éléments même de cette construction intellectuelle qui leur confère alors une double nature, à la fois objective et subjective : enregistrement et manipulation.

L’asynchronisme n’est plus le garant d’un monde unitaire et transparent, mais d’un monde organisé en strates et à décrypter. Cette stratification du monde représenté est le conjugué de la stratification entre image et son, son exploitation verticale. A la différence de ses prédécesseurs, l’asynchronisme organise une rencontre parallèle entre les images et les sons. Il n’existe pas une simple latence entre l’image et le son, une différentielle infinitésimale, mais une différence totale, irréconciliable, de nature ; une infinité de temps, une éternité.

C’est une grotte scellée où se terrent les morts, les disparus, les fantômes et les innommables ; une collection de restes et de preuves qui peuvent en témoigner. Une enquête. L’asynchronisme est l’objet de l’étude qui suit.