Accueil du site > Technique > Mémoires > Mémoires 2006 > Photo 2006 > L’imphotographie paysage. Itinéraire d’une expérience esthétique

Mémoire

L’imphotographie paysage. Itinéraire d’une expérience esthétique

Mémoire de Jonathan Barbot (Photo 2006) - Directrice de mémoire : Claire Bras

mercredi 22 juin 2011

Partager l'article avec  

Photographier ne consiste plus à produire, selon la distinction platonicienne, des « bonnes ou des mauvaises copies » du réel ; cela consiste désormais à actualiser, en les rendant visibles ici et maintenant, des expériences, des flux, des affects, des sensations, des densités, des intensités. Alors que la photographie porte irrémédiablement en elle les traces matérielles du monde physique – qu’elle est donc intimement liée à la Terre, en capturant désormais les forces d’un Cosmos énergétique, informel et immatériel, elle s’oriente vers cet ailleurs que constitue le monde virtuel.

Dans cette étude dédiée au thème du paysage, la photographie est entraînée hors du territoire de la pure utilité documentaire. Cette dernière ne constitue ici qu’une étape à franchir, à dépasser afin que le visible ne soit plus un invariant, un modèle donné au départ à représenter aussi fidèlement que possible, mais qu’il soit désormais ce qui advient au terme du processus photographique. L’enjeu que nous nous sommes fixé ici est double. Il s’agit d’expliquer, point par point, le cheminement, à partir d’une pratique personnelle, d’une telle démarche. Pour cela nous nous concentrons sur un lieu, la carrière de Corgnac-sur-l’Isle, choisi pour ses qualités intrinsèques et pour la force du souvenir qu’il avait gravé en moi.

Au fil de cette étude nous abordons plusieurs notions relatives au lieu, à son génie propre, à l’imaginaire qu’il contient et qu’il transmet au photographe par le biais du réenchantement, afin de réaliser un travail formel et personnel directement lié à cette carrière. La rédaction de ce cheminement nous a naturellement conduit à un second enjeu. Expliquer une telle démarche, au travers d’une expérience personnelle, n’est intéressante pour le lecteur que s’il arrive à se projeter lui-même dans une telle aventure esthétique.

C’est la raison pour laquelle la rédaction de ce mémoire constitue une sorte d’itinéraire orienté, parallèle à l’ouvrage photographique proposé en partie pratique, afin de permettre au lecteur-spectateur d’expérimenter par ses propres moyens mon expérience du lieu.