Accueil du site > Technique > Mémoires > Mémoires 2006 > Photo 2006 > Nébuleuse colorée

Mémoire

Nébuleuse colorée

Mémoire de Julie Pradier (Photo 2006) - Directeur de mémoire : Claire Bras

mercredi 6 juillet 2011

Partager l'article avec  

Cette recherche a été initiée par un questionnement sur les rapports étroits qu’entretiennent cinéma et photographie par leur dimension projective commune, dans un paysage artistique dominé par la notion de pluridisciplinarité.

Une fois dépassé le malentendu de l’installation assimilée uniquement à du « cinéma exposé », l’installation-projection est apparue comme un moyen de questionner les enjeux de l’image fixe par rapport à son environnement. Car penser en terme de dispositif de présentation interroge les différents liens entre la photographie et son spectateur, et nous dévoile comment ce dernier peut évoluer dans un nouvel espace énonciatif à la spatialité et temporalité singulière. Tout d’abord, une approche historique nous permet de resituer et d’inscrire le dispositif de l’installation dans une pratique contemporaine.

La définition de l’installation reste protéiforme et montre à quel point un contexte artistique favorable à la transversalité permet son développement et érige l’exposition comme médium. Une expérience subjective de la durée entraîne le spectateur dans une oscillation temporelle entre contemplation et distanciation qui permet alors une appropriation plus critique de l’oeuvre que ne le suggère la fascination et l’immobilisation dans lesquels nous retient l’imagemouvement.

Les différentes caractéristiques de l’espace de monstration entrent en résonances avec la manière dont le temps du regard est modifié. La mise en espace et la scénographie règlent le cérémonial de la visite et poussent le spectateur à atteindre un espace imaginaire, renforcé par les dimensions projectives et sonores. La pénombre favorise une expérience sensible et intime. Tout est mis en oeuvre pour nous inciter à effectuer une exploration sensorielle du dispositif. La prise de conscience de notre acte de voir serait alors le véritable sujet de l’installation, et la perception le médium.

L’installation cultive un art de la suggestion et s’inscrit dans une esthétique de la fragmentation, le sens restant fortement indéterminé parmi un champ photographique hétérogène et morcelé. C’est par l’entremise d’une corporéité de la pensée que le spectateur construit l’oeuvre et nous amène à concevoir l’installation comme un dispositif phénoménologique.

De même qu’elle interroge la frontière entre tangible et intangible, l’oeuvre installée reste une oeuvre en devenir, en attente de spectateurs, en permanente mutation visuelle et sonore.