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Mémoire

Non lieu, évolution à travers la photographie de paysage contemporaine

Mémoire d’Emilie Vialet (Photo 2006) - Directeurs de mémoire : Rolan Menegon et Thibaut Cuisset

vendredi 24 juin 2011

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La transformation de nos territoires et ses multiples altérations ont toujours suscité l’intérêt des photographes. Leurs pratiques ont évoluées peu à peu vers des sujets auxquels nous prêtons rarement attention.

Aujourd’hui, nous pouvons nous demander en quoi la photographie de paysage contemporaine participe-telle à mettre en évidence la notion de non-lieu et la fait-elle évoluer ? A travers les pratiques des précurseurs ainsi que les commandes, nous pouvons voir de quelle manière la représentation du non-lieu est une préoccupation réémergeante en photographie.

Son évolution amène chez les contemporains à trois formes paysagères différentes : la première atteste l’émancipation d’une altération des paysages actuels chez les américains (Peter Goin et Edward Burtynsky) et chez les européens (Sophie Ristelhueber, Walter Nierdermayr et Brigitte Bauer). La deuxième illustre les propos de Marc Augé et fait état d’un paysage quotidien et fonctionnel, partie intégrante du travail de certains photographes contemporains (Dominique Auerbacher, Edith Roux, Walter Nierdermayr, Nicolas Faure). Pour finir, la troisième forme reste celle de l’espace intermédiaire ou du Tiers paysage. Les photographes (Thibaut Cuisset, Michel Séméniako et Thierry Girard) tentent d’esthétiser ces nouveaux espaces sauvages que forment nos friches, nos déserts, nos terrains vagues et délaissés.

L’esthétique accordée au non-lieu le fait accéder au statut de paysage. Sa représentation positionne le spectateur dans l’expérience première de ce qu’il n’avait jamais envisagé comme beau. Le banal, le quotidien devient une forme digne d’intérêt. Pour en juger, j’ai donc réalisé une série de photographies de non-lieux situés en bordure de voies de communication : ronds-points, nationales, échangeurs et autoroutes.

L’aspect inaccessible de cet espace de transit m’a fasciné pour son paysagisme très contrôlé et la vue qu’il n’offre plus au voyageur pressé mais à celui qui le traverse, et ensuite au spectateur de l’image.