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Mémoire

Extérieur nuit urbain

Mémoire de Rémi Mestre (Ciné 2006) - Directrice de mémoire : Francine Lévy

samedi 2 juillet 2011

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L’univers urbain nocturne est un lieu de partage entre ombre et lumière, entre crainte et fascination. Dans un tel cadre, un cinéaste peut convoquer toutes sortes d’émotions et donc faire intervenir nombre de situations dramatiques. Mais la lumière de nuit doit être attentivement analysée. Si de jour, le soleil règne quasiment sans partage sur la lumière urbaine, il n’en va pas de même la nuit, où cette lumière est le produit de multiples influences, formant un patchwork lumineux avec lequel il faudra savoir composer.

Cette étude a pour origine la réflexion suivante : De quelles informations a-t-on besoin pour comprendre le foisonnement de la lumière urbaine actuelle et ainsi préparer une prise de vue de nuit maîtrisée ? Il s’agit de comprendre exactement ce que l’on filme en ville la nuit. Pour répondre à cette question, il semble intéressant de partir de la base et de commencer à s’intéresser à la nuit en ville par le biais de l’éclairage urbain, puis d’y ajouter ensuite une réflexion sur la prise de vue cinématographique nocturne.

Nous allons donc d’abord évoquer le domaine de l’urbanisme lumière, créateur des références visuelles à partir desquelles travailleront les directeurs de la photographie. Un bref historique de l’éclairage urbain introduira cette partie. Puis nous nous intéresserons à l’émergence d’une nouvelle conscience de la lumière en ville et l’apparition, il y a une vingtaine d’année, du métier de concepteur lumière. En effet, des artistes, souvent urbanistes et architectes, se sont penchés sur le problème de la mise en lumière de bâtiments ou d’espaces urbains. Originellement utilitaire, instrument de sécurité, l’éclairage urbain fait désormais l’objet de réflexions très poussées. Il s’agit de comprendre une forme architecturale, puis de la révéler, ou la transfigurer, une fois la lumière du jour tombée. Les concepteurs lumière apportent un regard neuf sur le travail de l’éclairage tout en ayant des points communs avec les chefs opérateurs. En effet, les questions relatives à la mise en valeur d’un bâtiment ou d’un lieu et le soulignement des composantes architecturales par l’éclairage, sont finalement très proches des questions de lumière et de cadre cinématographique. Il ne s’agit pas ici de savoir si les métiers de concepteur lumière et directeur de la photographie sont semblables, ce qui nous amènerait à des comparaisons point par point assez vaines. Il s’agit plutôt d’identifier clairement les buts de chacune de ces disciplines et de comprendre comment l’urbanisme lumière peut nourrir l’image cinématographique.

Ensuite, nous évoquerons les extérieurs nuit urbains au cinéma. Nous analyserons les diverses composantes de la lumière nocturne pouvant intervenir en prise de vue. Nous pourrons ainsi examiner les liens entre la lumière créée pour l’image de cinéma et l’éclairage urbain, ainsi que les libertés qu’elle prend par rapport à lui. Notons que nous nous intéresserons ici exclusivement au cinéma de fiction. Les documentaires, de part leurs configurations de tournage légères et les moyens très réduits dont ils disposent généralement, n’ont pas la liberté de faire des propositions élaborées en terme de lumière. Ce travail ne s’étendra pas non plus sur la science fiction. Bien que ces films réutilisent la majorité des principes d’éclairage que nous citerons tout au long de ce travail, l’infinité des possibilités d’illumination offerte par les univers fantaisistes mériterait une étude à part entière. Cette analyse des composantes de la lumière nocturne, appuyée de quelques exemples tirés principalement du cinéma contemporain, nous permettra de comprendre les différentes possibilités, esthétiques ou techniques, offertes pour créer une image de nuit.